Bonjour à tous,
nous avons eu quelques échanges avec Philippe
concernant le risque que des patients aient recours à
certaines techniques de focalisation de l'attention
pour finalement éviter les situations qui leur posent
problème. Nous sommes tombés d'accord sur le fait que
finalement ce qui compte, au delà de la topographie
d'un comportement, c'est avant tout sa fonction. La
focalisation de l'attention n'échappe pas à l'analyse
comportementale.
Cela m'amène à une question qui me parrait centrale:
comment dévellopper au mieux chez nos patients ce
souci de repérage de la fonction de leurs
comportements? Et d'avantage, comment faire en sorte
qu'ils découvrent d'autres comportements qui ont la
même fonction?
Qu'en pensez-vous?
A bientot
JL
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merci de vos encouragements... ca marche.... me voila, blaaaa bllaaaaa bllaaaa.... he he
Je me trouve tres contente de participer (et de trouver que je suis comprise, ca s'est ce qui me tracasse - merci cerveau!) et depuis que j'ai ecrit mon petit bout je pense beaucoup au problemes de traduction..... par example, "mind" en anglais a ete traduit (par un programme internet) comme "esprit" en francais et je trouve que ca na pas du tout le meme sens....ou les memes categorie relationelles? philippe, aide moi ici, comment a tu traduit?
je trouve ca interessant & je me demande quelles sont les concequences de la traduction - encore, philippe, qu'en pense tu?
en ce qui concerne les ados, Rafael, s'est une population que je ne connais pas - ou mieux dire, mes connaissances sont intellectuelles et je les doutes. J'ai fouillee dans les livres de ACT & j'ai trouve pas mal la meme approche avec les ados. ils parlaient beaucoup de exploration de "workability" (voila, pas de traduction francaise) collee a l'enquete des valeurs....Â
je m'explique: l'enquete de consequences suit la question magique:..... quel genre d'ados veut tu etre? quel genre d'amis veut tu etre? etc... et tu y est? ce que tu fait, comment ca marche? ca t'a approchee de ce genre d'amis que tu veut etre? etc... encore, ca me rapelle Miller & Rollnick.
ce que j'ai trouve dificille dans ce travail est de ne pas persuader ou parraitre critique dans son enquette - s'est vraiment une exploration..... et encore une fois, comme une behavioriste fidele, je le fait avec un detail penible....et je ne lache pas, dans cette curiosite.... mes clients ont tout sortes de reactions - j'en ait qui s'enervent, qui pleurent etc.... mais je ne lache pas. Je veut vraiment savoir que se passe t-il quand tu fuit, quand tu bois, est ce que tu est capable de vraiment etre presente pour ton copain et ce qu'il te dit, ce qui'il partage a cet instant? etc....Â
cette petite phrase m'a fait pensee at tout ca: "partager, ecouter, attendre chacun son tour est cosistent avec amitie. Agression, retrait, interrompre les conversations ne l'est pas. Alors il faut faire l'enquete de ce que l'ado fait et si ca l'amene plus pret de ce qu'il veut ou si ca l'eloigne..... (Le chapitre des ados dans le "practical guide to ACT de Hayes & Strosahl, 2004, p.254.
voila je m'arrete! Rafael, s-il te plait, partage tes trouvailles..... moi aussi je suis curieuse.Â
j'ai recement demandee au une de mes clientes qu'est ce qu'elle veut accomplir quand elle dit "je ne sait pas" (bien sur elle le dit tout le temps); elle a decouvert qu'elle passe sa vie a demander aux autres de regler ses problemes car elle est stupide - ouch.Â
A+
Sandra
Â
On Jan 16, 2007, at 2:14 AM, Rafaël Vignando wrote:
> je pense qu'avant se lancer la dedans il faut se demander si la > fonction de ces reponses sert d'eviter la question et ce que ca > provoque ou si s'est une question d'ambivalence - voir les > toxicomannes.... ambivalence: voir Miller & Rollnick - motivational > interviewing & les etapes de changement.... est ce que on sait de quoi > il s'ajit?
Donc tu distingues Çje ne sais pasÈ comme rŽponse permettant d'Žchapper ˆ une discussion qui fait mal (Žchappement) et Çje ne sais pasÈ comme l'expression d'un conflit ÇappŽtence-appŽtenceÈ (je veux continuer ˆ prendre de la dope parce que c'est bon/je voudrais aussi vivre une vie allant dans le sens de mes valeurs et tu proposes deux approches diffŽrentes. En cas d'ambivalence, un travail d'entretien motivationnel ˆ la Miller et Rollnick, en cas d'Žchappement, continuer ˆ creuser patiemment la question de la ÇworkabilityÈÊ(moi aussi j'ai un problÂme de vocabulaire ici. Je m'en sors en gŽnŽral avec une pŽriphrase : La question de savoir si Âa marche ou pas). > > Je m'imagine qu'approcher ce genre de discussion ramene beaucoup de > malheur et immediatement l'envie de s'echaper ou controller/changer > son experience etc.... et on a de la place pour tout ca.... voir > hexaflex - de la notre travail.... qui, encore, demande beaucoup de > perspective (diffusion) du cote clinicien et de persistence.....et on > continue avec la question magique.... quelle genre de mere voudrais tu > etre si tu pourrais, sans obstacle? laissez vous immaginer....
Tes remarques m'encouragent ˆ persister davantage. Je me rends compte que je me laisse parfois dŽcourager par ce type de rŽaction. Je peux presque sentir physiquement mes Žpaules qui s'affaissent et la vague de dŽcouragement qui s'empare de moi. Une seule remarque ici ˆ propos de ton ÇvocabÈ, qui est excellent : Je remarque aussi sur la listserve amŽricaine une confusion (sans doute due ˆ la maniÂre de prononcer ce terme en anglais) entre ÇdefusionÈ et ÇdiffusionÈ. La question a d'ailleurs ŽtŽ discutŽe in extenso au dŽbut mai 2003 (voir notamment la contribution de Steve Hayes le 1.5.2003 sous http://tech.groups.yahoo.com/group/acceptanceandcommitmenttherapy/ message/300 et toute la discussion qui prŽcÂde). Le terme de ÇfusionÈ fait rŽfŽrence ˆ la domination des processus verbaux qui fait que les fonctions verbales d'un ŽvŽnement en viennent ˆ prendre le dessus au dŽtriment des fonctions non-arbitraires. Hum... Abominable jargon que tout cela. Sans entrer dans les dŽtails (une discussion plus approfondie du terme de fusion est au programme, mais pour 2027 comme dirait Jean-Louis...) je perds ma position d'observateur pour me trouver entraâ€nŽ Çdans le jeuÈ (la mŽtaphore du jeu d'Žchec aide ˆ comprendre la notion de fusion, il faudrait aussi la traduire, j'espÂre le faire un peu avant 2027). Essayons une dŽfinition Çquick and dirtyÈ (Çrapide et saleÈ, dŽsolŽ pour l'anglicisme) : Quand il y a fusion, la rŽalitŽ que me construisent les mots qui me viennent Çdans la tÂteÈ devient la VRAIE et la SEULE rŽalitŽ. TrÂs chouette quand je lis un roman et trÂs utile pour rŽsoudre mille problÂmes pratiques au quotidien à donc l'action de ÇfusionnerÈ est constamment renforcŽe à mais moins sympa quand je pense que je suis un idiot, que je pourrais avoir le cancer, ou que mes douleurs pourraient durer toujours... Et un obstacle majeur au traitement quand il me vient des pensŽes du genre (que celui qui ne les a jamais eues me jette la premiÂre pierre) : ÇDŽcidŽment ce cas est sans espoir, avec celui(celle)-ci je ne peux rien faire, j'aurais mieux fait de ne pas m'embarquer dans ce traitement, comment est-ce que je vais bien pouvoir m'en dŽbarrasser...È D'o l'intŽrÂt (pour le thŽrapeute autant que pour le patient) d'acquŽrir et de cultiver des stratŽgies de ÇdŽfusionÈ.
> > en ce qui concerne les gens qui ont des valeurs "superficielles" la > meme question se pose..... a quoi ca cert tout cet argent? en fonction > de quoi? et de la on commence a deballer ce qu'il y a en dessou.... > > ensuite, il ne faut toujours pas oublier le pratique.... l'autre cote > du hexaflex qui demande un engagement concret - ce que les gens on > fait vont faire pour mettre pieds dans la direction choisie - qui se > mesure toujours par notre fammeux critere: facilite de travail? (est > ce que c'a marche; ca l'a ramenee plus pres de ce qu'on estime? ou > plus loin)
Oui, je crois que la notion de ÇpiedsÈ est trÂs importante. J'aime beaucoup l'expression ÇÃoter avec les piedsÈ. Je l'utilise volontiers avec les patients. Je suis cependant souvent ŽtonnŽ que mÂme des personnes ÇcultivŽesÈ ne comprennent pas ce que Âa veut dire. J'en appelle donc ˆ l'opinion des membres du forum : Est-ce que la signification courante (pas besoin de connaâ€tre de thŽories compliquŽes ici) de cette expression est claire pour vous ? Regardez si vous pouvez vous dŽfusionner des pensŽes qui vous disent que vous n'avez pas les compŽtences nŽcessaires pour participer ˆ la discussion et que vous allez vous couvrir de ridicule etc. Si jamais, j'ai exactement les mÂmes...
Je suis complètement novice du point de vue de l'ACT mais comme je l'ai dit à Philippe, je m'intéresse à tout ce qui peut être utile pour les suivis que je fais avec les adolescents (délinquants). L'approche ACT est très intéressante et je vais essayer de m'y aventurer afin d'étoffer et de compléter ma "boîte à outils thérapeutique".. En effet, la recherche des valeurs profondes de ces adolescents n'a pas été pour moi, jusqu'à maintenant, un "focus" particulier d'attention de ma part.
J'ai lu ce que tu as écrit et je vais essayer de poser cette question très pertinente ("quel ado aimerais-tu être dans l'idéal, si c'était possible et faisable ?). Je suis curieux d'entendre ce que certains vont me dire..
Merci pour tes précieux conseils !
Rafaël
Philippe Vuille
<phve@...> wrote:
Merci Sandra !
Je reprends quelques points entre tes lignes
> je pense qu'avant se lancer la dedans il faut se demander si la > fonction de ces reponses sert d'eviter la question et ce que ca > provoque ou si s'est une question d'ambivalence - voir les > toxicomannes.... ambivalence: voir Miller & Rollnick - motivational > interviewing & les etapes de changement.... est ce que on sait de quoi > il s'ajit?
Donc tu distingues Çje ne sais pasÈ comme rŽponse permettant d'Žchapper ˆ une discussion qui fait mal (Žchappement) et Çje ne sais pasÈ comme l'expression d'un conflit ÇappŽtence-appŽtenceÈ (je veux continuer ˆ prendre de la dope parce que c'est bon/je voudrais aussi vivre une vie allant dans le sens de mes valeurs et tu proposes deux
approches diffŽrentes. En cas d'ambivalence, un travail d'entretien motivationnel ˆ la Miller et Rollnick, en cas d'Žchappement, continuer ˆ creuser patiemment la question de la ÇworkabilityÈÊ(moi aussi j'ai un problme de vocabulaire ici. Je m'en sors en gŽnŽral avec une pŽriphrase : La question de savoir si a marche ou pas). > > Je m'imagine qu'approcher ce genre de discussion ramene beaucoup de > malheur et immediatement l'envie de s'echaper ou controller/changer > son experience etc.... et on a de la place pour tout ca.... voir > hexaflex - de la notre travail.... qui, encore, demande beaucoup de > perspective (diffusion) du cote clinicien et de persistence.....et on > continue avec la question magique.... quelle genre de mere voudrais tu > etre si tu pourrais, sans obstacle? laissez vous immaginer....
Tes remarques m'encouragent ˆ persister davantage. Je me rends compte que je me
laisse parfois dŽcourager par ce type de rŽaction. Je peux presque sentir physiquement mes Žpaules qui s'affaissent et la vague de dŽcouragement qui s'empare de moi. Une seule remarque ici ˆ propos de ton ÇvocabÈ, qui est excellent : Je remarque aussi sur la listserve amŽricaine une confusion (sans doute due ˆ la manire de prononcer ce terme en anglais) entre ÇdefusionÈ et ÇdiffusionÈ. La question a d'ailleurs ŽtŽ discutŽe in extenso au dŽbut mai 2003 (voir notamment la contribution de Steve Hayes le 1.5.2003 sous http://tech.groups.yahoo.com/group/acceptanceandcommitmenttherapy/ message/300 et toute la discussion qui prŽcde). Le terme de ÇfusionÈ fait rŽfŽrence ˆ la domination des processus verbaux qui fait que les fonctions verbales d'un ŽvŽnement en viennent ˆ prendre le dessus au dŽtriment des fonctions non-arbitraires. Hum... Abominable jargon que tout cela. Sans entrer dans les dŽtails (une discussion plus
approfondie du terme de fusion est au programme, mais pour 2027 comme dirait Jean-Louis...) je perds ma position d'observateur pour me trouver entra”nŽ Çdans le jeuÈ (la mŽtaphore du jeu d'Žchec aide ˆ comprendre la notion de fusion, il faudrait aussi la traduire, j'espre le faire un peu avant 2027). Essayons une dŽfinition Çquick and dirtyÈ (Çrapide et saleÈ, dŽsolŽ pour l'anglicisme) : Quand il y a fusion, la rŽalitŽ que me construisent les mots qui me viennent Çdans la tteÈ devient la VRAIE et la SEULE rŽalitŽ. Trs chouette quand je lis un roman et trs utile pour rŽsoudre mille problmes pratiques au quotidien Ð donc l'action de ÇfusionnerÈ est constamment renforcŽe Ð mais moins sympa quand je pense que je suis un idiot, que je pourrais avoir le cancer, ou que mes douleurs pourraient durer toujours... Et un obstacle majeur au traitement quand il me vient des pensŽes du genre (que celui qui ne les a jamais
eues me jette la premire pierre) : ÇDŽcidŽment ce cas est sans espoir, avec celui(celle)-ci je ne peux rien faire, j'aurais mieux fait de ne pas m'embarquer dans ce traitement, comment est-ce que je vais bien pouvoir m'en dŽbarrasser...È D'o l'intŽrt (pour le thŽrapeute autant que pour le patient) d'acquŽrir et de cultiver des stratŽgies de ÇdŽfusionÈ.
> > en ce qui concerne les gens qui ont des valeurs "superficielles" la > meme question se pose..... a quoi ca cert tout cet argent? en fonction > de quoi? et de la on commence a deballer ce qu'il y a en dessou.... > > ensuite, il ne faut toujours pas oublier le pratique.... l'autre cote > du hexaflex qui demande un engagement concret - ce que les gens on > fait vont faire pour mettre pieds dans la direction choisie - qui se > mesure toujours par notre fammeux critere: facilite de travail? (est > ce que c'a marche; ca l'a ramenee
plus pres de ce qu'on estime? ou > plus loin)
Oui, je crois que la notion de ÇpiedsÈ est trs importante. J'aime beaucoup l'expression ÇÃoter avec les piedsÈ. Je l'utilise volontiers avec les patients. Je suis cependant souvent ŽtonnŽ que mme des personnes ÇcultivŽesÈ ne comprennent pas ce que a veut dire. J'en appelle donc ˆ l'opinion des membres du forum : Est-ce que la signification courante (pas besoin de conna”tre de thŽories compliquŽes ici) de cette expression est claire pour vous ? Regardez si vous pouvez vous dŽfusionner des pensŽes qui vous disent que vous n'avez pas les compŽtences nŽcessaires pour participer ˆ la discussion et que vous allez vous couvrir de ridicule etc. Si jamais, j'ai exactement les mmes...
Merci Sandra !
Je reprends quelques points entre tes lignes
> je pense qu'avant se lancer la dedans il faut se demander si la
> fonction de ces reponses sert d'eviter la question et ce que ca
> provoque ou si s'est une question d'ambivalence - voir les
> toxicomannes.... ambivalence: voir Miller & Rollnick - motivational
> interviewing & les etapes de changement.... est ce que on sait de quoi
> il s'ajit?
Donc tu distingues Çje ne sais pasÈ comme rŽponse permettant d'Žchapper
ˆ une discussion qui fait mal (Žchappement) et Çje ne sais pasÈ comme
l'expression d'un conflit ÇappŽtence-appŽtenceÈ (je veux continuer ˆ
prendre de la dope parce que c'est bon/je voudrais aussi vivre une vie
allant dans le sens de mes valeurs et tu proposes deux approches
diffŽrentes. En cas d'ambivalence, un travail d'entretien motivationnel
ˆ la Miller et Rollnick, en cas d'Žchappement, continuer ˆ creuser
patiemment la question de la ÇworkabilityÈÊ(moi aussi j'ai un problme
de vocabulaire ici. Je m'en sors en gŽnŽral avec une pŽriphrase : La
question de savoir si a marche ou pas).
>
> Je m'imagine qu'approcher ce genre de discussion ramene beaucoup de
> malheur et immediatement l'envie de s'echaper ou controller/changer
> son experience etc.... et on a de la place pour tout ca.... voir
> hexaflex - de la notre travail.... qui, encore, demande beaucoup de
> perspective (diffusion) du cote clinicien et de persistence.....et on
> continue avec la question magique.... quelle genre de mere voudrais tu
> etre si tu pourrais, sans obstacle? laissez vous immaginer....
Tes remarques m'encouragent ˆ persister davantage. Je me rends compte
que je me laisse parfois dŽcourager par ce type de rŽaction. Je peux
presque sentir physiquement mes Žpaules qui s'affaissent et la vague de
dŽcouragement qui s'empare de moi. Une seule remarque ici ˆ propos de
ton ÇvocabÈ, qui est excellent : Je remarque aussi sur la listserve
amŽricaine une confusion (sans doute due ˆ la manire de prononcer ce
terme en anglais) entre ÇdefusionÈ et ÇdiffusionÈ. La question a
d'ailleurs ŽtŽ discutŽe in extenso au dŽbut mai 2003 (voir notamment la
contribution de Steve Hayes le 1.5.2003 sous
http://tech.groups.yahoo.com/group/acceptanceandcommitmenttherapy/
message/300 et toute la discussion qui prŽcde). Le terme de ÇfusionÈ
fait rŽfŽrence ˆ la domination des processus verbaux qui fait que les
fonctions verbales d'un ŽvŽnement en viennent ˆ prendre le dessus au
dŽtriment des fonctions non-arbitraires. Hum... Abominable jargon que
tout cela. Sans entrer dans les dŽtails (une discussion plus
approfondie du terme de fusion est au programme, mais pour 2027 comme
dirait Jean-Louis...)
je perds ma position d'observateur pour me trouver entra”nŽ Çdans le
jeuÈ (la mŽtaphore du jeu d'Žchec aide ˆ comprendre la notion de
fusion, il faudrait aussi la traduire, j'espre le faire un peu avant
2027). Essayons une dŽfinition Çquick and dirtyÈ (Çrapide et saleÈ,
dŽsolŽ pour l'anglicisme) : Quand il y a fusion, la rŽalitŽ que me
construisent les mots qui me viennent Çdans la tteÈ devient la VRAIE
et la SEULE rŽalitŽ. Trs chouette quand je lis un roman et trs utile
pour rŽsoudre mille problmes pratiques au quotidien Ð donc l'action de
ÇfusionnerÈ est constamment renforcŽe Ð mais moins sympa quand je pense
que je suis un idiot, que je pourrais avoir le cancer, ou que mes
douleurs pourraient durer toujours... Et un obstacle majeur au
traitement quand il me vient des pensŽes du genre (que celui qui ne les
a jamais eues me jette la premire pierre) : ÇDŽcidŽment ce cas est
sans espoir, avec celui(celle)-ci je ne peux rien faire, j'aurais mieux
fait de ne pas m'embarquer dans ce traitement, comment est-ce que je
vais bien pouvoir m'en dŽbarrasser...È D'o l'intŽrt (pour le
thŽrapeute autant que pour le patient) d'acquŽrir et de cultiver des
stratŽgies de ÇdŽfusionÈ.
>
> en ce qui concerne les gens qui ont des valeurs "superficielles" la
> meme question se pose..... a quoi ca cert tout cet argent? en fonction
> de quoi? et de la on commence a deballer ce qu'il y a en dessou....
>
> ensuite, il ne faut toujours pas oublier le pratique.... l'autre cote
> du hexaflex qui demande un engagement concret - ce que les gens on
> fait vont faire pour mettre pieds dans la direction choisie - qui se
> mesure toujours par notre fammeux critere: facilite de travail? (est
> ce que c'a marche; ca l'a ramenee plus pres de ce qu'on estime? ou
> plus loin)
Oui, je crois que la notion de ÇpiedsÈ est trs importante. J'aime
beaucoup l'expression ÇÃoter avec les piedsÈ. Je l'utilise volontiers
avec les patients. Je suis cependant souvent ŽtonnŽ que mme des
personnes ÇcultivŽesÈ ne comprennent pas ce que a veut dire. J'en
appelle donc ˆ l'opinion des membres du forum : Est-ce que la
signification courante (pas besoin de conna”tre de thŽories compliquŽes
ici) de cette expression est claire pour vous ? Regardez si vous pouvez
vous dŽfusionner des pensŽes qui vous disent que vous n'avez pas les
compŽtences nŽcessaires pour participer ˆ la discussion et que vous
allez vous couvrir de ridicule etc. Si jamais, j'ai exactement les
mmes...
D'avance merci pour vos commentaires et remarques
Philippe
quelques reflexions additionels au pensees de phillipe/kelly! j'ecris un peut dans le vide car je ne sait pas si les gens sur la liste on lu les livres (en anglais) ou votre familiarite avec tout ca......et experiences avec ACT
...mais je me lance et j'attends de reponses/questions si je parle au-desous de mon chapeau...
alors, J'ajouterrais le cote pratique qui devient plus dificille (deplaisant?) avec les gens qui repondent "je ne sait pas" au questions poses sur leur valeurs.... ce que Philippe descrit est en effet un travail tres personel et delicat mais aussi tres detaille et qui demande beaucoup de perseverence du cote clinicien.
je pense qu'avant se lancer la dedans il faut se demander si la fonction de ces reponses sert d'eviter la question et ce que ca provoque ou si s'est une question d'ambivalence - voir les toxicomannes.... ambivalence: voir Miller & Rollnick - motivational interviewing & les etapes de changement.... est ce que on sait de quoi il s'ajit?
si s'est une question de s'escaper (escape/avoidance); il ne faut sourtout pas lacher la balle en face de ce genre de reponse.... on revient a la question principale en ACT: "a quoi sert cette maniere de repondre? et l'habitude de changer de sujet, de ne pas repondre a la question, ou insister qu'on ne sait pas".
j'ajouterrais aussi qu'avec les gens qui ont des problemes a gerer leurs emotions, les etapes sont plus petites..... j'ai remarquee que certaines de mes patientes on du mal a tolerer l'emotion intense emises par ces questions donc on procede plus doucement, toujours avec leur permission..... (voir plus bas pour ce que philippe descrit a ce sujet).
Je m'imagine qu'approcher ce genre de discussion ramene beaucoup de malheur et immediatement l'envie de s'echaper ou controller/changer son experience etc.... et on a de la place pour tout ca.... voir hexaflex - de la notre travail.... qui, encore, demande beaucoup de perspective (diffusion) du cote clinicien et de persistence.....et on continue avec la question magique.... quelle genre de mere voudrais tu etre si tu pourrais, sans obstacle? laissez vous immaginer....
en ce qui concerne les gens qui ont des valeurs "superficielles" la meme question se pose..... a quoi ca cert tout cet argent? en fonction de quoi? et de la on commence a deballer ce qu'il y a en dessou....
ensuite, il ne faut toujours pas oublier le pratique.... l'autre cote du hexaflex qui demande un engagement concret - ce que les gens on fait vont faire pour mettre pieds dans la direction choisie - qui se mesure toujours par notre fammeux critere: facilite de travail? (est ce que c'a marche; ca l'a ramenee plus pres de ce qu'on estime? ou plus loin)
desolee pour le manque de vocab. je m'habitue avec le temps. je reste curieuse de savoir ce que vous pensees....
Sandra
On Jan 11, 2007, at 11:25 AM, Philippe Vuille wrote:
Une partie des questions posées par Rafaël concerne le travail sur les valeurs avec les personnes qui n'ont apparemment pas de valeurs ou seulement comme valeur celle de l'argent.
Vous trouverez je l'espère des éléments de réponse dans la contribution de Kelly Wilson et dans celle de Laurie Greco que je traduis dans un courriel séparé. Elles concernent pour la première le travail avec les toxicomanes envoyés en thérapie sous la contrainte et pour la seconde le travail avec des adolescents révoltés, deux populations sans doute plus proches de celles à qui vous êtes confronté que les patients souffrant de troubles anxieux chez qui le travail sur les valeurs est évidemment beaucoup plus facile. Il suffit de demander à une personne agoraphobe qu'est-ce qui changerait dans sa vie si par miracle son problème anxieux disparaissait pour voir s'ouvrir devant soi tout un catalogue d'aspirations.
Le problème est beaucoup plus complexe chez les populations réputées difficiles à soigner : Patients douloureux chroniques, «troubles de la personnalité» (nous préférons parler, dans ACT, de «patients à problèmes multiples»), évolutions toxicomaniaques. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Après des années passées à essayer de ne plus souffrir ou à la recherche de l'extase que donnent les toxiques, il peut être très difficile et surtout très douloureux pour une personne d'entrer en contact avec ce qui compte vraiment pour elle, avec les valeurs qui lui sont les plus chères. Les personnes qui ont connu des expériences précoces de négligence et/ou d'abus (on retrouve ici probablement un grand nombre de patients «à problèmes multiples» et sans doute aussi beaucoup de situations auxquelles vous êtes confronté) ont très tôt fait l'expérience que, quand elles exprimaient ouvertement ce qui comptait le plus pour elles, elles étaient régulièrement confrontées à beaucoup de souffrance et de déception.
Je l'ai dit et redit : Valuer est un processus très intime. Si je vous dis ce qui compte vraiment le plus pour moi, je me mets en position de vulnérabilité devant vous puisqu'il vous sera facile alors d'avoir barre sur moi. Il faut donc procéder avec beaucoup de délicatesse et de respect lorsqu'on veut avancer dans ce domaine. Kelly donne à mon avis de bonnes pistes dans le document que j'ai traduit.
Cela m'amène à un bref commentaire à propos de votre question de l'exposition sans «rematernage». Un exercice d'exposition est toujours défini de manière collaborative. Kelly en donne de bons exemples dans le chapitre sur les valeurs. C'est le fait que l'exposition se fait au service de valeurs chères au patient qui offre un contexte dans lequel l'exposition n'est pas traumatisante. Ce qui est traumatisant, ce sont les pensées et les émotions douloureuses contre lesquelles on se bat, dont on essaie de se débarasser. Celles que l'on accepte d'embrasser pour aller dans une direction chère à notre coeur restent douloureuses, mais ne sont pas traumatisantes. Dans le travail thérapeutique et en particulier dans le travail sur les valeurs, nous allons approcher des zones douloureuses puisque c'est en allant là où il y a de la vulnérabilité que nous pouvons trouver les valeurs avec lesquelles nous voulons travailler. Nous le faisons toujours avec beaucoup de précautions et en demandant explicitement, à chaque nouveau pas, au patient de nous donner la permission d'aller de l'avant. Nous appliquons ainsi un principe béhavioriste bien établi expérimentalement : les êtres humains – et en cela ils ne diffèrent pas des organismes non-verbaux – préfèrent les événements aversifs qu'ils peuvent contrôler à ceux qu'ils ne peuvent pas contrôler.
Le 2 octobre 2003, Kelly Wilson avait répondu ce qui suit à un thérapeute qui demandait comment appliquer ACT chez des toxicomanes envoyés par une autorité. A l'époque, il rédigeait avec Michelle Byrd un chapitre (ACT for Substance Abuse and Dependence) pour le recueil «A practical guide to Acceptance and Commitment Therapy» (http://www.contextualpsychology.org/hayes_strosahl_2004)
Quand un patient est contraint de vous voir (...) il va se défendre. Dans de tels cas, la première chose qu'il vous faut c'est trouver une place où vous pouvez vous rencontrer et travailler ensemble.
(...) Souvent, les patients toxicomanes arrivent braqués, ils ne veulent pas être là. Ils ne voient pas où est le problème, ne comprennent pas pourquoi on se mêle de leur vie. Après tout c'est leur problème. Je pense qu'il faut vraiment aller à la rencontre du patient et si c'est là qu'il est, c'est là qu'il faut aller et essayer de saisir comment c'est d'être à sa place. Si vous n'arrivez pas à saisir, de l'intérieur, à quel point ça le gonfle d'être là, comment c'est de vivre une vie où vous êtes le mouton noir, vous aurez de la peine à faire votre travail.
Dans un tel cas, je commencerais avec les plaintes, le mécontentement, le ras le bol, la colère. Si vous allez trop vite vers les valeurs avec quelqu'un qui est à cran, il le vivra comme (1) intrusif (il ne vous a pas donné la permission) ou (2) rien qu'une nouvelle situation où il passe en jugement ou (3) vous obtiendrez de la pseudo-compliance braquée (Kelly utilise le terme «pissed off pseudo-compliance) par opposition à de la pseudo-compliance non-braquée, voir la transcription ci-dessous).
Le travail sur les valeurs est une affaire intime et vous ne pouvez pas entrer dans une relation d'intimité avec quelqu'un sans qu'il vous en ait donné la permission. Essayez donc de devenir intime avec la personne qui est derrière vous dans la file d'attente à l'épicerie et vous verrez ce que je veux dire (...) Avec les personnes qui sont dans la douleur, il vous faut aussi demander la permission, quand bien même il y a une sorte de permission implicite dans la vulnérabilité avec laquelle ils se présentent (je préfère malgré tout demander explicitement leur permission et c'est ce que je fais).
Commencez donc par le mécontentement du patient d'être là. Commencez avec ce qui l'amène. Comment ça va ? Est-ce que sa femme lui casse les pieds ? ou son patron ? Comment est-ce que ça le gonfle ? Une plainte est toujours un bon point de départ parce que si vous suivez la piste de la plainte elle vous amènera toujours à une vulnérabilité et que derrière une vulnérabilité il y a une valeur (sinon il n'y aurait pas de plainte). Dans un certain sens, on est là dans un registre ACT standard : vous pouvez commencer où vous voulez à condition que ce soit là où le patient est. Allez où il est. Mettez-vous à sa place. Renvoyez-lui ce que vous avez vu et voyez avec lui si c'est bien ça.
Vous trouverez plus bas un extrait du chapitre. Le profil du patient est celui d'un toxicomane pseudo-compliant non-braqué. Je suis sûr que vous voyez des gars comme ça (...) Principe de base : Allez où il se trouve. Vous devez aller où il y a de la vulnérabilité pour travailler sur les valeurs. Ces gars qui vous donnent du fil à retordre sont massivement défendus. Vous devez d'abord aller où ils sont. Il n'y a que depuis là que vous pourrez partir en voyage avec eux.
L'entrée en traitement d'une personne est souvent entourée d'événements coercitifs. Dans le cas le plus extrême, le patient reçoit l'ordre de suivre un traitement sous la menace d'être incarcéré. Même dans ces cas extrêmes, une relation thérapeutique solide et un contrat thérapeutique sont typiquement possible. Pour qu'un tel contrat puisse être établi, tout ce qu'il faut c'est une valeur partagée entre le thérapeute et le patient qui puisse, une valeur qui puisse donner du sens et de la dignité au travail thérapeutique. La capacité du patient à prendre lui-même les décisions à propos de la manière dont il veut mener sa vie représente très souvent une valeur à propos de laquelle thérapeute et patient peuvent se mettre d'accord. C'est peut-être paradoxal mais je ne crois pas que ce soit discordant : Je peux moi-même, en tant que thérapeute, travailler très dur avec un patient pour qu'il puisse avoir la liberté de mettre fin au traitement. (Je vous le demande ici, est-ce que vous aimeriez ça ? Même si vous saviez que vous avez besoin d'aide, comment est-ce que vous aimeriez ça d'être contraint de suivre un traitement sous la menace ?)
Thérapeute : J'ai bien compris que vous venez en traitement par ordre du tribunal. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais moi je n'aime pas qu'on me donne des ordres. Alors je veux que vous sachiez que je m'attends à ce que vous ayez des réactions négatives devant le fait d'être ici. Personnellement, je détesterais qu'on me commande comme ça.
Patient : Non. J'ai dit au juge que je voulais vraiment faire un traitement. J'ai eu trop de problèmes à cause de la défonce.
Thérapeute : Tant mieux. Si c'est clair pour vous que de vous défoncer ne vous aide pas à aller de l'avant avec votre vie, alors je veux vous aider à travailler là-dessus. Malgré tout, j'aimerais que ce soit tout-à-fait clair pour vous que nous pouvons faire un travail très important ensemble même si vous détestez l'idée d'être obligé de venir. En fait, si vous êtes furax ou si vous avez des sentiments mélangés à propos de votre présence ici, ça sera très utile si vous le dites sans détours. Je veux prendre un certain nombre d'engagements devant vous, ici et maintenant : D'abord, je m'engage à ne pas me plaindre aux autorités que vous ne suivez pas bien le traitement si vous me dites que vous êtes furax d'être ici. En fait, je pourrais même dans un tel cas dire que le traitement avance bien parce que ça voudra dire que nous sommes en train de parler de ce qui compte pour vous, de ce que vous voulez faire de votre vie, et c'est bien de ça qu'il s'agit dans le traitement. Je m'engage aussi, ici et maintenant, à ne pas essayer de vous convaincre que le traitement est bon pour vous ou même que c'est mal de consommer des drogues et que vous devriez arrêter. Je ne considère pas que ce soit mon boulot de vous dire de telles choses. Bien sûr je pourrais penser que, si j'étais à votre place, je chercherais à faire un traitement, mais qu'est-ce que nous en avons à faire ? Quelle différence est-ce que ce que je pense va faire ? C'est votre vie, ce n'est pas la mienne et ce sera votre direction que nous prendrons, pas la mienne. Je suis sûr que le juge n'est pas la première personne qui vous ait dit ce que vous deviez faire dans votre vie. Si ce genre de conseils étaient efficaces, il y a longtemps que ça aurait marché. Je veux plutôt que ce traitement soit à propos de vos désirs les plus chers. Je ne m'attends pas nécessairement à ce que vous croyiez ce que je suis en train de vous dire maintenant. Ce que j'attends, c'est que vous puissiez faire l'expérience ici d'une impression que votre vie a un sens, une direction et que vous puissiez vous rendre compte que notre travail est utile pas sous forme d'une pensée mais sous la forme de l'expérience directe que vous faites de l'avance dans votre vie.
Attitude en face des cognitions et de émotions «négatives»
Cette discussion préliminaire contient un certain nombre de composantes ACT. Les réactions négatives au traitement ne sont pas notre ennemi. De même, des sentiments d'ambivalence envers l'usage de la drogue ne sont pas notre ennemi. Le patient ne s'en rendra pas compte à ce stade du traitement. Néanmoins, nous avons commencé à planter le décor dans cette conversation initiale. Il pourra être important de remarquer les pensées et les émotions, mais ce ne sont pas elles qui seront décisives dans le traitement. Le traitement sera plutôt centré sur les valeurs, l'engagement, et sur l'expérience directe du patient à propos de ce qui marche et de ce qui ne marche pas.
One-Up, One-Down : Le pouvoir dans la relation thérapeutique
Il y a beaucoup de lutte pour le pouvoir dans le monde du traitement des personnes toxico-dépendantes. C'est en partie à mettre sur le compte d'une réaction défensive des thérapeutes. Les toxico-dépendances peuvent s'avérer incroyablement résistantes au traitement. Ça fait mal de voir nos patients échouer. Quand nous nous trouvons en face d'événements douloureux incontrôlables, notre tendance naturelle est d'augmenter nos efforts de contrôle. Quand le toxicomane échoue dans le traitement, nous cherchons les raisons de cet échec. La plupart des gens, si on leur donne le choix entre blâmer quelqu'un d'autre et se blâmer eux-mêmes, vont préférer blâmer quelqu'un d'autre. Le toxicomane est la cible idéale. Beaucoup de personnes dans sa vie (y compris lui-même) l'ont blâmé et c'est facile de se mettre dans la position de celui qui est moralement supérieur et de les traiter comme celui qui est en bas.
Dans cette interaction, nous avons explicitement commencé à cultiver une relation de collaboration. Certains éléments de la collaboration sont évidents dans le fait que le thérapeute prend un engagement à travailler pour les désirs les plus chers du patient. Ce n'est pas une attitude typique dans le monde du traitement des toxico-dépendances. Ce qui est beaucoup plus typique, c'est de mettre en place un jeu de règles sévères pour le traitement et d'avertir le patient que toute transgression aura pour conséquence l'exclusion de la thérapie et un rapport défavorable au juge qui l'a adressé.
Dans ce courriel, Kelly disait n'avoir pas le temps de présenter encore le cas «un peu plus ardu» du client non-compliant «braqué» («pissed-off»). On la trouve dans le chapitre cité plus haut, en page 159 :
Patient : Ça m'emm... d'être ici.
Thérapeute : Oui, je ne peux pas non plus dire que j'aime qu'on me dise ce que je dois faire. C'est probablement pour ça que je fais ce boulot. Au moins pendant que je suis entre ces 4 murs, je suis mon propre patron. Je détesterais qu'on me force à venir voir un type comme moi. J'aimerais pourtant qu'une chose soit bien claire. Ici, je travaille pour vous. Tant que vous n'aurez pas quitté ce traitement, je vais travailler sans relâche et sans concessions à votre service. Je suis sûr que nous pourrons trouver au moins une chose à propos de laquelle nous pourrons nous mettre d'accord comme le but du traitement. En ce moment précis, vous êtes obligé d'être ici sans quoi vous seriez mis en prison. Je n'aime pas qu'on me dise ce que je dois faire et je n'aime pas non plus que qui que ce soit soit obligé de faire des choses qu'il ne veut pas faire. Alors, dans ma façon de voir les choses, un résultat formidable serait que la thérapie vous permette d'arriver à une position ou vous pourriez choisir si vous voulez ou non faire une thérapie. Je ne m'attends pas à ce que vous me croyiez quand je vous dis ça. Après tout, je fais partie de la machine qui vous restreint. Malgré tout, ici et maintenant, je déclare que je travaille pour vous servir et la seule dont vous pourrez m'en empêcher c'est de partir et de ne pas revenir. Je ne vous demande pas de me croire. Ce n'est pas de ce que vous croyez et de ce que vous ne croyez pas qu'il est question ici. Ce que je vous dis, c'est ce qui compte pour moi. Regardez-moi. Laissez votre propre expérience vous dire du côté de qui je suis ici. Laissez-moi vous demander une chose. Imaginez que vous avez un interrupteur, ici. Si vous l'actionnez, être en traitement sera entièrement votre choix. Ce n'est pas un interrupteur qui vous met dans le traitement ou dehors du traitement, c'est juste un interrupteur qui fait que d'être en traitement sera entièrement votre choix. Est-ce que vous actionneriez cet interrupteur ? Si c'était possible que ce que vous ai dit corresponde exactement à mes intentions et que de travailler comme ça pour vous pouvait aboutir à ce que ça puisse être un choix pour vous d'être ici, est que ça serait quelque chose d'important pour vous ?
Les auteurs du chapitre concluent la présentation de ces deux situations problématiques en début de traitement avec les commentaires suivants :
L'hypothèse sous-jacente, ici, c'est que ces répertoire, à la fois surcompliant et méfiant, n'ont pas fonctionné. Si vous en tant que thérapeute renforcez un comportement trop compliant ou si vous essayez de contrer une attitude de défiance butée, vous allez probablement répondre comme le fait habituellement la communauté juridique et thérapeutique et vous arriverez probablement aux mêmes mauvais résultats. Notre hypothèse de travail dans ACT c'est que même les patients toxicomanes les plus chroniques sont capables de valuer et de choisir. Si nous voulons réussir le traitement, le toxicomane doit «sortir du bois», identifier quelles sont les directions de vie qu'il value et faire des choix. Toute la question de savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas est liée à la question de savoir quels sont les résultats de vie qui sont valués. Si vous croyez que le toxicomane chronique est «cassé» et incapable d'entrer en contact avec des valeurset de faire des choix, ce message infiltrera de manière implicite votre interaction thérapeutique.
En juin 2003, une discussion à propos des valeurs sur le forum de discussion international ACT est partie de la question de savoir qui soutiendrait dans ses valeurs un homme qui voudrait faire autant de mal que possible à des êtres humains et à des chiots.
Laurie Greco avait répondu :
Je ne le soutiendrais évidemment pas (...) J'ai parfois trouvé que les valeurs déclarées d'un patient et les actions qui les soutiennent étaient fonctionnellement équivalentes à : Je veux être un [vous pouvez remplacer ici par la formule de votre choix : personnes névrosée, toxicomane, anorexique, tueur de petits chiens, réfractaire à l'école, délinquant...] plus efficace. Voilà mon choix et ma valeur, est-ce que vous pouvez m'aider s'il vous plaît ? (John, j'imagine que vous êtes confronté à ça dans vos travail avec des ados).
J'avais un patient adolescent qui était très attaché à cette «valeur» et ne jurait que par elle : Être quelqu'un dont les autres ont peur (essentiellement, il voulait continuer à cultiver et à développer un status de terreur de haut niveau). Est-ce que je l'ai soutenu dans son programme pour l'aider à avancer dans la direction qui lui était chère ? Bien sûr que non. Je ne lui ai pas non plus dit qu'il avait tort, qu'il était stupide, immature ou ce genre de choses. Nous nous sommes plutôt engagés dans un travail d'exploration de cette valeur, ouvertement et en pleine conscience (sans jugement et sans défense), nous imprégnant de comment c'était d'être craint, d'être une terreur, en revenant toujours à «et après ? Et après qu'est-ce qui va se passer quand tu seras le roi des terreurs et que tout le monde et sa mère seront morts de peur rien qu'à l'idée de croiser ton chemin au point que plus personne n'osera te défier ?» Et nous poursuivons comme ça, en regardant bien de très près (les exercices de pleine conscience sont très utiles ici), enlevant une couche après l'autre et pour finir... [Tout au fond de cet adolescent hargneux je trouve un côté «plan-plan»] Et finalement sa valeur déclarée d'être «une terreur/être craint» pourrait n'être qu'une version déguisée de «Je veux être respecté par les membres de ma famille et par ceux de mon groupe de pairs.» Ou peut-être «Je voudrais pouvoir exercer un contrôle sur certains domaines de ma vie où ce n'est simplement pas possible.» Maintenant nous avons un endroit où aller. OK, il y a des valeurs qui comptent pour lui dans les domaines de la famille et du groupe des pairs. Je peux soutenir ce programme. Qu'est-ce qu'il a essayé, et comment ça a marché ? (Peut-être que le désespoir créatif revient sur la table à ce moment-là).
J'aime ce genre de cas parce que le travail sur les valeurs y est si intense. Un processus terriblement astreignant pour tous ceux qui y sont impliqués et certainement un défi posé à mes capacités d'acceptation comme thérapeute (ce qui représente une motivation importante pour moi à continuer mon propre travail d'acceptation.)
Une partie des questions posées par Rafaël concerne le travail sur les valeurs avec les personnes qui n'ont apparemment pas de valeurs ou seulement comme valeur celle de l'argent.
Vous trouverez je l'espère des éléments de réponse dans la contribution de Kelly Wilson et dans celle de Laurie Greco que je traduis dans un courriel séparé. Elles concernent pour la première le travail avec les toxicomanes envoyés en thérapie sous la contrainte et pour la seconde le travail avec des adolescents révoltés, deux populations sans doute plus proches de celles à qui vous êtes confronté que les patients souffrant de troubles anxieux chez qui le travail sur les valeurs est évidemment beaucoup plus facile. Il suffit de demander à une personne agoraphobe qu'est-ce qui changerait dans sa vie si par miracle son problème anxieux disparaissait pour voir s'ouvrir devant soi tout un catalogue d'aspirations.
Le problème est beaucoup plus complexe chez les populations réputées difficiles à soigner : Patients douloureux chroniques, «troubles de la personnalité» (nous préférons parler, dans ACT, de «patients à problèmes multiples»), évolutions toxicomaniaques. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Après des années passées à essayer de ne plus souffrir ou à la recherche de l'extase que donnent les toxiques, il peut être très difficile et surtout très douloureux pour une personne d'entrer en contact avec ce qui compte vraiment pour elle, avec les valeurs qui lui sont les plus chères. Les personnes qui ont connu des expériences précoces de négligence et/ou d'abus (on retrouve ici probablement un grand nombre de patients «à problèmes multiples» et sans doute aussi beaucoup de situations auxquelles vous êtes confronté) ont très tôt fait l'expérience que, quand elles exprimaient ouvertement ce qui comptait le plus pour elles, elles étaient régulièrement confrontées à beaucoup de souffrance et de déception.
Je l'ai dit et redit : Valuer est un processus très intime. Si je vous dis ce qui compte vraiment le plus pour moi, je me mets en position de vulnérabilité devant vous puisqu'il vous sera facile alors d'avoir barre sur moi. Il faut donc procéder avec beaucoup de délicatesse et de respect lorsqu'on veut avancer dans ce domaine. Kelly donne à mon avis de bonnes pistes dans le document que j'ai traduit.
Cela m'amène à un bref commentaire à propos de votre question de l'exposition sans «rematernage». Un exercice d'exposition est toujours défini de manière collaborative. Kelly en donne de bons exemples dans le chapitre sur les valeurs. C'est le fait que l'exposition se fait au service de valeurs chères au patient qui offre un contexte dans lequel l'exposition n'est pas traumatisante. Ce qui est traumatisant, ce sont les pensées et les émotions douloureuses contre lesquelles on se bat, dont on essaie de se débarasser. Celles que l'on accepte d'embrasser pour aller dans une direction chère à notre coeur restent douloureuses, mais ne sont pas traumatisantes. Dans le travail thérapeutique et en particulier dans le travail sur les valeurs, nous allons approcher des zones douloureuses puisque c'est en allant là où il y a de la vulnérabilité que nous pouvons trouver les valeurs avec lesquelles nous voulons travailler. Nous le faisons toujours avec beaucoup de précautions et en demandant explicitement, à chaque nouveau pas, au patient de nous donner la permission d'aller de l'avant. Nous appliquons ainsi un principe béhavioriste bien établi expérimentalement : les êtres humains – et en cela ils ne diffèrent pas des organismes non-verbaux – préfèrent les événements aversifs qu'ils peuvent contrôler à ceux qu'ils ne peuvent pas contrôler.
La question des rapports entre ACT et la théorie des schémas a fait durant l'automne dernier l'objet d'une discussion sur le forum international ACT. J'ai choisi de traduire deux contributions significatives qui me semblent aller dans le sens d'une réponse aux questions que vous posez. Je commence par la plus récente qui me paraît aussi la plus accessible.
Le 22 novembre 2006, Nilklas Törneke a répondu à une question qui avait été formulée dans ces termes :
Jeffrey Young attribue une grande partie de l'efficacité de la thérapie des schémas chez les personnalités borderline à la composante du traitement qu'il appelle «reparentage limité», qui consiste à «construire de la structure par le fait de répondre aux attentes nourries par le patient vis-à-vis de ses objets partiels les plus précoces, par exemple en offrant une satisfaction partielle des besoins, en mettant des limites ou par le biais de confidences personnelles du thérapeute». On se trouve là clairement aussi loin que possible du modèle cognitif. Est-ce qu'on pourrait développer un raisonnement justifiant l'utilisation de telles manoeuvres par un thérapeute ACT ? Ou bien se trouve-t-on là simplement trop loin d'ACT pour que la question ait même un sens ? Est-il défendable ou utile dans la thérapie ACT de se comporter de manière «comme si» par rapport à des contenus psychiques réifiés (p. ex les schémas, les modes) ? Ou bien les procédures ACT écartent-elles totalement de telles conceptualisations ?
Réponse de Niklas :
Je parlerai d'abord du modèle cognitif, ensuite d'ACT. Je ne suis pas d'accord que les techniques que Young propose quand il parle de «reparentage limité» sont éloignées du modèle cognitif. Pas si vous définissez le modèle comme le fait Beck qui parle d'un modèle théorique de niveau supérieur basé sur le traitement de l'information. Si bien sûr vous définissez le modèle cognitif par rapport à certaines techniques classiques, alors les techniques proposées par Young sont différentes. Mais, comme cela a été discuté naguère sur ce forum, vous définissez dans ce cas le modèle autrement que Beck ne le fait. Comme c'est lui le chef («him being the top guy»), pourquoi ne pas accepter sa définition ? D'après cette définition, vous pouvez utiliser pratiquement n'importe quelle technique tant qu'elle est mise en oeuvre et comprise dans la perspective théorique de la thérapie cognitive. Voilà «le pouvoir intégratif de la thérapie cognitive» pour citer Beck. A mon avis, la thérapie des schémas s'inscrit très bien dans ce modèle. Les techniques sont nouvelles, mais le modèle est le même.
ACT repose sur un modèle très différent dont le but premier n'est pas de rendre compte de la psychopathologie ou des «troubles de la personnalité» mais de façon plus générale du comportement humain. Dans ces conditions, rien n'empêche que nous utilisions notre modèle pour analyser ce qui se passe dans les autres formes de thérapie puisque
ce qui se passe dans les autres formes de thérapie, c'est évidemment encore et toujours du comportement humain. Nous pouvons même par exemple analyser et comprendre dans la perspective de la TCR des techniques de thérapie cognitive que nous n'utilisons pas dans ACT, comme la mise en question directe des pensées. Je suis d'avis que la TCR peut expliquer pourquoi certaines techniques de la thérapie cognitive sont efficaces mieux que ne le permet la théorie du traitement de l'information utilisée par les cognitivistes. Mais mon appréciation est bien sûr biaisée.
Le thérapeute ACT parle et agit sans cesse «comme si» des entités mentales étaient des objets réels. Nous parlons ainsi de l'intelligence, de la machine à mots, etc. Il s'agit pourtant là d'un discours fonctionnel et la manière dont nous parlons rend ce caractère «comme si» très clair. Nous n'agissons pas de la sorte parce que certaines expériences privées seraient plus compliquées que d'autres (il s'agit toujours de phénomènes très complexes, même ceux qui sont apparemment simples), mais parce qu'une telle façon de parler de ces phénomènes s'avère utile pour en réduire le pouvoir contrôlant.
Comme je comprends les choses on peut parler en termes de schémas et arriver au même résultat, pour autant que le «discours schéma» garde bien ce caractère «comme si». Je pense que le problème, c'est que ce n'est pas clair du tout que ce soit «comme si». Au contraire, la thérapie des schémas, comme la thérapie cognitive en général, a tendance à parler de ces structures internes comme d'entités réelles et elle demeure en cela fidèle à son modèle théorique de base du traitement de l'information. Vous n'avez pour vous en rendre compte qu'à lire la liste détaillée des différents schémas figurant dans le document que David avait joint à son précédent courriel [A Client’s Guide to Schema Therapy, David C. Bricker, Ph.D. and Jeffrey E. Young, Ph.D. Schema Therapy Institute. A disposition de ceux que cela intéresserait. La description des schémas correspond dans les grandes lignes à celle que l'on trouve sous http://www.psychomedia.qc.ca/pn/modules.php?name=News&file=article&sid=128&mode=&order=0&thold=0]. La ligne de démarcation avec le modèle ACT est bien nette ici.
Les réflexions qui précèdent n'excluent pas du tout que la manière dont les thérapeutes pratiquant la thérapie des schémas agissent puisse aider leurs patients de manière importante. Si c'est le cas nous devrions alors analyser le comportement de ces thérapeutes d'un point de vue comportemental (incluant la TCR) pour voir s'il y a là pour nous quelque chose à apprendre. Personnellement je pense que oui. Et je crois qu'une telle analyse est possible. Mais je persiste à ne pas être d'accord avec le modèle qui est à la base.
Le 12 octobre 2006, Jonathan Kandell a répondu comme suit à une question générale à propos des rapports entre ACT et la thérapie des schémas.
J'utilise beaucoup la thérapie des schémas, et pourtant ACT et la TS sont totalement différentes. La TS combine des éléments cognitifs et psychodynamiques pour en faire une sorte d'analyse transactionnelle, un peu à la manière de la thérapie cognitive analytique utilisée par le NHS en Angleterre. (Pour le meilleur et pour le pire,) ACT court-circuite les aspects psychodynamiques et prend le raccourci de la chasse à la fusion verbale, au cadrage relationnel etc. ACT est beaucoup plus ouverte que la TS, cette dernière définissant très étroitement comment les modes «adulte en bonne santé» et «enfant heureux» devraient fonctionner pour minimiser la souffrance et la déprivation émotionnelle, tandis qu'ACT engage un dialogue centré sur le client pour découvrir, au-delà de la déprivation émotionnelle, ses valeurs authentiques. Le thérapeute TS est essentiellement un parent. Le thérapeute ACT est du fond du coeur un co-conspirateur.
Je finis malgré tout souvent par cadrer certaines interventions ACT en termes de TS. Il est par exemple souvent utile d'étiqueter des pensées/sentiments/sensations survenant dans le cours d'une action valuée en utilisant un certain rôle psychodynamique comme «l'enfant blessé» ou «l'enfant rebelle» puisque c'est ainsi qu'elles se présentent. Je le fais toujours en soulignant que le rôle n'est pas plus «réel» que les pensées/sentiments/sensations qui le composent quand bien même il apparaît à la conscience, quand il y a fusion, comme une partie rigide du soi. L'exercice du monstre-en-boîtes-de-conserve est particulièrement utile pour déconstruire ces «rôles» en des composantes relativement inoffensives isolément. Il est souvent possible de guider le patient vers l'expérience de soi-comme-contexte en approfondissant le travail sur les différents rôles psychodynamiques et interpersonnels qui sont à la base de sa dysfonction puisque la TS favorise un processus naturel d'externalisation de ces concepts. On peut aussi dire qu'ACT et la TS se ressemblent dans la façon qu'elles ont toutes les deux de chercher à se diriger, en séance, vers les zones «chaudes», en plein milieu de expériences de peur et de tremblement, plutôt que de simplement rester au niveau cognitif «froid».
J'espère que ces contributions vous intéresseront et vous en souhaite bonne lecture
Voici avec son autorisation les questions que notre collègue Raphaël Vignando m'a soumises après lecture de la traduction du chapitre de Kelly Wilson et Amy Murrell :
J'ai lu le texte du travail sur les valeurs en ACT que vous m'avez gentiment envoyé et plusieurs questions me viennent en tête. En effet, travaillant avec des adolescents délinquants surtout avec une approche centrée sur les schémas et avec une motivation relativement basse pour faire un travail sur soi, je trouve que le travail sur la recherche des valeurs comme base pour donner du sens aux exposition futures et au travail en général est pertinent.
Cependant, dans la thérapie des schémas, si nous faisons un petit parallèle, la fonction des valeurs comme "porteur de sens" est représentée par les besoins fondamentaux de base de l'enfant. C'est pour combler ses besoins inassouvis que le patient va trouver "la force" pour s'exposer à ses émotions douloureuses. Ca fait mal mais il sait aussi dans quel but.
Les besoins et les valeurs ne sont pas synonymes mais ils se recoupent d'une certaine manière. Je pense que les valeurs sont à rechercher car tout aussi importantes que les besoins. Le problème avec une population d'adolescent se retrouve au niveau des valeurs mêmes : l'argent étant la première.. Comment faire à partir de là ? (certains vivent leurs valeurs mais avec des inconvénients, certes).
De plus, l'article présente des exemples pour des troubles anxieux, quid des troubles de la personnalité où l'exposition aux émotions douloureuses est évitée de manière très rigide ? Je pense surtout aux personnes qui ne ressentent plus leurs émotions, qui sont détachées. Comment faites-vous avec ces personnes-là avec l'ACT ?
Enfin, toujours d'après mes lectures et mon travail (orientées sur les schémas et les modes), il est dit que l'exposition aux émotions sans rematernage ou reparentage est inutile voire nocive (la première étape est cependant de faire de l'exposition sans rien faire, ce n'est qu'après que le rematernage intervient). C'est comme ouvrir une plaie sans s'en occuper. D'après votre article, l'exposition aux émotions se fait de manière "classique", selon le principe de l'habituation avec des exercices de minfulness. Est-ce suffisant pour un trouble de la personnalité ? le rematernage n'est-il pas un "plus" couplé au mindfulness ?
La thérapie des schémas a pour but d'élargir, tout comme l'ACT, si j'ai bien compris, le répertoire comportemental des patients et lui apprendre à ne plus éviter ce qu'il redoute. De plus, le but des deux courants n'est pas de supprimer la pathologie mais de faire avec, sans trop souffrir, accepter une certaine dose de souffrance et surtout savoir quoi faire quand elle est là. Quels sont alors les points fondamentalement divergents entre ces deux approches ?
A quoi fait référence le texte quant il parle d'exercices d'acceptation ? au mindflness lui-même ?
Voici donc les questions qui me viennent à l'esprit après avoir lu cet article. Malheureusement ou heureusement les jeunes n'ont pas beaucoup de troubles anxieux, c'est plutôt rare. Ils ont surtout des troubles des conduites ou des prémisses de troubles de la personnalité. C'est pourquoi je ne fais pas référence à ces troubles dans ce mail.
Mes réponses vont suivre dans des courriels séparés. J'imagine que vous avez tous des commentaires et des réflexions à propos des points importants soulevés par Raphaël et je vous invite tous à entrer dans une discussion que je serais heureux de voir s'animer. Il suffit de taper ses réflexions sur le clavier et de rester – en pleine conscience – avec toutes les pensées qui viennent au moment de presser sur le bouton «envoyer» ;-)
Diverses questions qui m'ont été posées à propos du chapitre de Kelly Wilson et Amy Murrell consacré au travail sur les valeurs m'ont fait ressentir la nécessité de rédiger une synthèse sur ce sujet. Elle devrait bientôt figurer sur le site ACBS, ce qui reste cependant impossible pour le moment en raison d'un petit problème administratif. Je vous propose donc en attendant le texte qui va suivre. Attention, il est long, il sera probablement plus confortable de l'imprimer pour le lire tranquillement. Décidément, la concision n'est pas mon fort. Commentaires, critiques et questions son évidemment les bienvenus !
Cordialement
Philippe
Docteur Philippe Vuille
Psychiatrie et psychothérapie FMH
Moulins 51
Case postale
2004 Neuchâtel
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fax +41 32 846 17 30
Le concept de «valeurs»
Il s'agit certainement du concept qui m'a donné – et qui me donne encore – le plus de fil à retordre dans mont travail d'assimilation du modèle ACT. Une des difficultés vient sans doute du fait que ce concept fait appel à des dimensions de l'expérience difficiles à rendre avec des mots.
Commençons par un résumé : Les comportements qu'un animal va émettre dans une situation donnée sont fonction de ses expériences passées. L'acquisition du langage change la donne pour l'être humain, dont les comportements pourront aussi être fonction de constructions verbales et qui pourra ainsi agir dans un but. La notion de valeurs fait référence à des constructions verbales plus abstraites que les buts. On peut dire qu'une valeur fonctionne comme l'organisatrice d'une succession de buts dans un «pattern» qui leur donne une cohérence et un sens. Valuer est une action comparable à un choix et non à un jugement ou à une décision raisonnée. Il faut des compétences verbales pour pouvoir valuer mais les processus verbaux peuvent aussi interférer avec l'action de valuer. Valuer représente un processus particulièrement intime et personnel.
Les sources de l'élaboration qui va suivre sont essentiellement le manuel ACT de 1999 et le livre «ACT for chronic pain». Elle doit aussi beaucoup aux contributions publiées sur le forum de discussion international.
Quelques précautions de langage, encore, avant de commencer : Quand nous parlons de valeurs (ou, pour utiliser l'expression de Hank Robb, de principes directeurs) pour désigner ce dont nous voulons parler ici, nous utilisons des termes cliniques [[ http://www.contextualpsychology.org/terminologie]] dont nous ne pouvons – pour le moment – pas fournir de définition opérationnelle [[ http://www.contextualpsychology.org/definition_operationnelle_des_termes ]] . Une définition opérationnelle de la notion de valeurs passera par un compte-rendu complet des concepts du comportement gouverné par des règles dans les termes de la TCR. Voyez à ce propos mon récent échange avec Jean-Louis Monestès.
Par sa tendance à «chosifier» des actions, le langage favorise une conception mentaliste et mécaniste de la condition humaine. Il serait souvent plus approprié de parler de l'action de «valuer» et il m'arrivera donc d'utiliser ce verbe.
Hank Robb (http://www.contextualpsychology.org/robb_hank_2006_values_as_leading_principles_in_acceptance_and_commitment_therapy) compare la vie à une jungle dans laquelle nous avançons : Si nous regardons en arrière, nous voyons un chemin, celui que nos actions ont tracé. Mais si nous regardons devant nous, il n'y a pas de chemin car personne n'a jamais vécu notre vie avant nous. ACT part du principe que chaque être humain, quelle que soit les troubles dont il souffre ou la difficulté de la situation de réalité dans laquelle il se trouve, a tout ce qu'il faut pour définir une direction dans laquelle il veut orienter la suite de sa vie.
«Qu'est-ce que la vie attend de vous ?» aimait à demander Viktor Frankl à ses patients. La lecture de son livre «Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie» [[ http://www.amazon.fr/Découvrir-sens-vie-avec-logothérapie/dp/2761907094/sr=1-21/qid=1168017841/ref=sr_1_21/171-0185791-9889858?ie=UTF8&s=books ]] est recommandée à quiconque souhaite approfondir la notion de valeur. Nous devons chaque jour faire des dizaines et des dizaines de choix qui vont contribuer à donner une forme, un visage à notre vie. Chacun de ces choix va contribuer à définir le fils ou la fille, le ou la camarade, époux(se), parent, professionnel, collègue, etc. que nous sommes. Nous ne devons pas nous leurrer : quelle que soit la hauteur de nos «bonnes intentions», la pureté et l'intensité de nos sentiments, notre conjoint, nos enfants, nos amis, nos patients ne se souviendront pas de ce que nous avons pensé, ressenti ou «voulu» mais de ce que nous avons fait (et dit), et c'est cela qui définit sans doute le mieux qui nous «sommes». Alexandre Jollien [[ http://www.alexandre-jollien.ch/ ]] raconte comment les philosophes de l'antiquité lui ont appris qu'on pouvait «sculpter sa vie pour en faire une oeuvre d'art» et il s'emploie à en faire la démonstration au quotidien.
Skinner a défini le comportement opérant comme le champ même de l'action dirigée et de l'intention. Quand nous disons qu'un rat presse un levier «dans le but» de recevoir un granule de nourriture nous interprétons dans les termes du langage courant un phénomène dont l'analyse scientifique nous dit que ce sont les expériences passées du rat (le fait que ce type d'action a été dans le passé suivi par l'apparition de nourriture) qui déterminent ce que nous interprétons comme un comportement orienté vers un but futur. Le «futur» dont nous lui prêtons ainsi la conception n'est que l'actualisation présente d'expériences passées. D'où la formule : L'intention d'un organisme non-verbal, c'est le passé en tant que futur dans le présent (Hayes, 1992) [[ http://www.contextualpsychology.org/hayes_1992 ]].
Grâce à des cadres relationnels de type «si-alors» et «avant-après», l'être humain est capable de construire des conséquences verbales de ses actions. La capacité de cadrer relationnellement de cette manière a bien été apprise dans le passé mais les conséquences que nous construisons aujourd'hui peuvent être des conséquences dont nous n'avons jamais fait l'expérience. Notre comportement n'est donc pas uniquement régulé par les conséquences dont nous avons fait directement l'expérience dans le passé, mais aussi par celles que nous sommes capables de construire verbalement. Cela nous permet d'agir dans un but, c'est-à-dire pour que survienne un événement spécifique que nous avons désiré. Réussir un examen, acheter une maison, avoir un enfant sont des buts qui peuvent être réalisés.
Les valeurs correspondent à une catégorie de constructions verbales se situant à un niveau différent. Nous aurions beaucoup de peine à nous satisfaire d'une vie qui ne serait vécue que pour accomplir des buts. Dans une telle vie, les seuls moments où nous recevrions un renforcement pour nos actions seraient les moments où nous atteignons un but concret et le moment présent n'aurait donc pas d'autre valeur que son rôle dans l'accomplissement d'un but futur. Une telle vie ne pourrait être que fade et vide. De plus, nos compétences verbales nous confrontent tôt ou tard à l'idée de la mort. Non seulement nous savons que nous allons mourir mais nous savons que tous ceux que nous aimons vont mourir aussi et que tout ce que nous aurons réalisé finira par disparaître. Nous avons donc besoin d'autre chose que de réaliser des buts. Le raisonnement que nous venons d'esquisser aboutit à la constatation autour de laquelle Viktor Frankl a construit le système de psychothérapie qu'il a appelé «logothérapie» : L'homme a besoin de sens. (Le contenu du livre cité plus haut a été remarquablement bien traduit en français, mais son titre a été maltraité, probablement dans le but de le rendre commercialement «accrocheur» : ainsi, ce qui était, en allemand «l'homme devant la question du sens» («Der Mensch vor der Frage nach dem Sinn) et en anglais «l'homme à la recherche du sens» («Man's search for meaning) est devenu en français «Découvrir un sens à sa vie»). Nous pouvons faire davantage que d'orienter nos actions en fonction de buts concrets. Nous pouvons choisir tout de suite, maintenant, de donner de l'importance à certaines qualités des «patterns» d'action en cours. Ce n'est dès lors plus seulement le but qui est important mais aussi le chemin. La capacité de donner un sens émerge ainsi comme une action naturelle de l'être humain. Le «fait» que nous allons mourir et que tout ce à quoi nous tenons va disparaître ne peut rien enlever au choix que nous faisons maintenant, en ce moment, de valuer, d'accorder de l'importance à une direction, à une manière de faire ce que nous faisons.
Réussir un examen n'a de sens que dans une perspective plus large, plus abstraite, celle du professionnel qu'on voudrait être. Acheter une maison prend son sens dans la perspective de fournir aux personnes que l'on aime un cadre de vie sûr et agréable et/ou dans celle de construire et d'aménager un espace personnel. Avoir un enfant s'inscrit dans le contexte plus large de la manière dont on voudrait jouer le rôle de parent. Les valeurs apparaissent ainsi comme des «buts de buts» à caractère abstrait qui, contrairement à des buts concrets, ne peuvent jamais être atteints et qui continuent sans cesse à générer et à organiser d'autres buts. Elles donnent une cohérence et un sens à la succession de nos choix. Les buts successifs que nous nous fixons ne sont pas sans rapport les uns avec les autres, nous ne les choisissons pas au hasard dans l'infini des options possibles – pour autant que nous ne soyons pas pris dans la logique fallacieuse de la nécessité d'échapper à un inconfort ou d'éviter qu'il ne survienne, puisque l'impératif prioritaire devient alors celui de s'en aller de la position qu'on occupe, quelle que soit la destination. Nous reviendrons plus bas sur les processus qui peuvent interférer avec l'action de valuer et l'orientation de l'existence en fonction des valeurs.
ACT définit les valeurs comme des directions de vie verbalement construites, globales, désirées et choisies. Elles peuvent se manifester à travers certains comportements mais jamais possédées comme on possède un objet. La valeur d'«être un professionnel compétent» n'est pas apparue le jour de l'examen. Elle était déjà là le jour où nous nous sommes inscrits à l'université ou dans une école professionnelle. Si nous regardons en arrière, nous pouvons voir comment elle a organisé depuis longtemps certains de nos comportements. Même celui qui reçoit le prix Nobel va continuer à construire des buts orientés par ses valeurs professionnelles. «Être un parent aimant, disponible et présent» ne s'arrête ni le jour où mon enfant atteint la majorité civile ni quand il quitte la maison ou quand il devient lui-même parent. «Prendre soin de ma santé» ou «construire une relation de couple basée sur l'amour et la confiance» ne sont pas des tâches que l'on peut terminer; elles peuvent de plus commencer n'importe où, n'importe quand et organiser le comportement dans n'importe quelle situation. Si je me procure des seringues propres pour m'injecter de l'héroïne, c'est déjà prendre soin de ma santé, et si je commence à me laver régulièrement pour augmenter mes chances de trouver une partenaire, j'ai déjà commencé à «construire une relation de couple basée sur l'amour et la confiance».
Nous qualifions les valeurs de «globales» parce qu'elles sont toujours disponibles. Valuer, c'est toujours maintenant. Les valeurs confèrent à l'action du moment un sens, une qualité de vitalité liée à l'impression que notre vie va dans le sens où nous voulons qu'elle aille. Il est aussi difficile de décrire cette sensation avec des mots qu'il serait difficile de décrire une couleur à une personne qui ne l'aurait jamais vue. C'est une des raisons pour lesquelles les techniques visant à faire faire au patient des expériences sont privilégiées par la thérapie ACT par rapport aux «explications» verbales. De la même manière qu'on ne peut apprendre à un enfant la différence entre le rouge et le vert qu'en lui faisant voir des objets rouges et des objets verts, la différence entre une action valuée au sens où nous venons de le décrire et une action visant à échapper à des sensations et des pensées désagréables – ou à obtenir des sensations et des pensées agréables, ce qui est souvent pratiquement équivalent – peut difficilement être apprise autrement qu'en ayant un contact direct et personnel avec les sensations qu'il s'agit de discriminer. C'est pour la même raison que les ateliers expérientiels occupent une place de choix dans la formation des thérapeutes ACT.
Valuer, ce n'est pas juger ou décider rationnellement, valuer c'est choisir. N'oublions pas qu'ACT repose sur une vision contextualiste fonctionnelle [[ http://www.contextualpsychology.org/le_contextualisme_fonctionnel ]] du monde dans laquelle c'est le fonctionnement réussi qui nous sert de critère de véracité [[ http://www.contextualpsychology.org/le_critere_de_veracite ]]. Pour savoir si un fonctionnement est réussi, nous devons savoir dans quelle direction nous voulions aller. Les valeurs ont donc un rôle fondamental puisque ce sont elles qui fournissent l'étalon de référence, le «mètre» avec lequel nous allons mesurer le résultat de nos actions. Ce «mètre» ne peut être que choisi, il ne peut pas faire l'objet d'un jugement ou d'une évaluation raisonnée. Juger, c'est en effet appliquer une métrique verbale pour choisir entre différents cours d'action. On aboutit à un paradoxe logique si l'on veut évaluer les valeurs de cette manière puisqu'il nous faudrait pour ce faire disposer d'un étalon de référence et que ce sont les valeurs qui le fournissent. Si nous voulons évaluer nos valeurs, avec quel autre jeu de valeurs le ferons-nous ?
Valuer représente donc un processus intime et personnel, un libre choix de l'individu. Le lecteur attentif du matériel présenté sur le site ACBS m'objectera que, puisque nous nous inscrivons dans une philosophie déterministe [[ http://www.contextualpsychology.org/vous_avez_dit_comportementale ]], nous ne pouvons pas parler de «libre choix». Je répondrai que nous le faisons ici dans le contexte du langage clinique [[ http://www.contextualpsychology.org/terminologie]]. D'un point de vue scientifique, nous adhérons à la thèse développée par Dawkins qui a montré dans «Le gène égoïste» [[http://www.amazon.fr/s/ref=nb_ss_b/171-4399985-7789836?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Dstripbooks&field-keywords=g%E8ne+%E9go%EFste&Go.x=0&Go.y=0&Go=Go ]] comment les valeurs d'altruisme chez l'être humain ont été sélectionnées par l'évolution. Le fait que le fait de valuer corresponde au résultat d'une sélection génétique puis culturelle et soit, de ce fait, déterminé par des facteurs extérieurs n'enlève rien au fait qu'au moment où nous devons nous-même choisir nos valeurs, nous ne pouvons que le faire de l'intérieur, sans chercher à nous protéger par des raisonnements verbaux. Pour un organisme non-verbal, un choix correspond simplement à une sélection entre différents cours d'action. En ce sens, chaque action est un choix. Pour l'être humain, le fait de choisir est compliqué par l'intervention des processus verbaux. Son intelligence va immédiatement construire toutes sortes de «raisons» verbales en faveur ou en défaveur des différents cours d'action envisageables. Si la sélection qu'il va faire entre différents cours d'action est justifiée et expliquée par ce type de raisonnement, elle procédera d'un jugement. Si par contre la personne remarque la présence des «pour et contre» verbaux que toute situation de choix entraîne inévitablement chez l'être humain et qu'elle «sélectionne simplement» un cours d'action, en présence de ces raisons mais pas pour ces raisons, alors nous parlons d'un choix. Dans ce sens particulier, les valeurs sont un choix. Nous avons vu que, comme les valeurs livrent la métrique de base servant à toute évaluation, elles ne peuvent pas elle-même être déterminées par une évaluation verbale. L'opération que nous venons de décrire (choisir en présence de raisons mais pas pour des raisons) nécessite des compétences de défusion cognitive et devient très difficile pour l'être humain quand il se laisse emprisonner dans les pièges de la logique verbale. On arrive à ce paradoxe apparent : Pour pouvoir valuer, il faut des compétences verbales. Celles d'un enfant de 6 ans y suffisent sans doute. Mais les processus verbaux peuvent aussi faire obstacle à l'action de valuer. Chez l'adulte, le travail sur les valeurs passera ainsi le plus souvent par des stratégies d'affaiblissement de la dominance des processus verbaux.
Bonjour Sandra et bienvenue ! Nous nous réjouissons de pouvoir profiter de ton expérience. Ton français est excellent et finalement tous ces accents, ces cédilles... on peut faire sans !
Philippe
Le 8 janv. 07 à 01:47, Sandra Georgescu a écrit :
Je voulais dire un petit bonjour a tout le monde sur cette liste...
je viens de joindre malgre que je suis a chicago.... (j'espere que ca ne derange pas....) - philippe m'en parle de cette liste qui prends de plus en plus de place dans sa vie.... et je suis ravie de savoir que ACT intrigue les autres... j'espere que cela est vrai au niveau professionel/intellectuel et aussi experientiel..... il y a du movement la dedans.....
un peut sur moi: je suis de montreal (explique le francais) mais j'habitte chicago depuis 7 ans (qui explique les gaffes d'ortho et l'absence des accents et cedilles sur mon clavier).....
j'ai fini mon doctorat il y a 2 ans et je pratique Dialectical Behavior Therapy (DBT - Linehan) mais en utilisant une perspective contextuelle? et fontionelle - depuis 4+ ans.... a demi-temps. le reste du temps, j'enseigne. oh, et j'ai recement commencee une supervision avec Patty Bach, une encienne eleve de Steve Hays. j'espere que toute ces experiences seront utiles dans les communications a venir....
me voila. je me joins a vos discussions et en meme temps j'en profite pour pratique mon francais (qui me manque enormement).
Je voulais dire un petit bonjour a tout le monde sur cette liste...
je viens de joindre malgre que je suis a chicago.... (j'espere que ca
ne derange pas....) - philippe m'en parle de cette liste qui prends
de plus en plus de place dans sa vie.... et je suis ravie de savoir
que ACT intrigue les autres... j'espere que cela est vrai au niveau
professionel/intellectuel et aussi experientiel..... il y a du
movement la dedans.....
un peut sur moi: je suis de montreal (explique le francais) mais
j'habitte chicago depuis 7 ans (qui explique les gaffes d'ortho et
l'absence des accents et cedilles sur mon clavier).....
j'ai fini mon doctorat il y a 2 ans et je pratique Dialectical
Behavior Therapy (DBT - Linehan) mais en utilisant une perspective
contextuelle? et fontionelle - depuis 4+ ans.... a demi-temps. le
reste du temps, j'enseigne.
oh, et j'ai recement commencee une supervision avec Patty Bach, une
encienne eleve de Steve Hays. j'espere que toute ces experiences
seront utiles dans les communications a venir....
me voila. je me joins a vos discussions et en meme temps j'en profite
pour pratique mon francais (qui me manque enormement).
Bonne anne!
Sandra
Attention, ce texte est long ! Il représente une tentative de synthèse
de la discussion relative au concept de valeur amorcée avant Noël avec
Jean-Louis.
Avec l'accord de Jean-Louis, j'ai soumis notre discussion au forum
international.
Hank Robb nous a rappelé le texte de l'exposé qu'il avait présenté à la
conférence mondiale de Londres cet été.
Hank commence par rappeler la définition du concept de valeur figurant
dans le livre ACT de Hayes, Strosahl et Wilson de 1999 (p. 206) : Les
valeurs sont des conséquences globalement désirées dans la vie,
verbalement construites. Il cite ensuite John Dewey, qui critiquait en
1932 déjà les positions mentalistes : «La personne qui a faim recherche
de la nourriture. Nous pouvons, s'il nous plaît de parler ainsi, dire
qu'elle est mue par la faim. Mais le mot faim n'est en fait qu'un nom
que nous donnons à la tendance de la personne vers l'appropriation de
nourriture. Aller plus loin et créer une entité à partir de cette
relation active de la personne à des objets puis traiter cette
abstraction comme si elle était la cause de la recherche de nourriture
nous plonge en pleine confusion. Il en va de même quand nous disons
qu'une personne est mue par l'amabilité, la pitié, la cruauté ou la
malice. La bienveillance ou la cruauté ne sont pas des choses qu'on
peut avoir comme on a des billets de banque dans son portemonnaie,
c'est quelque chose qu'on est. Et comme notre être est actif, ces
qualités sont des modalités d'activité et non des forces qui produisent
l'action.» Hank Robb commente ensuite : «Nous pouvons, s'il nous plait
de parler ainsi, dire que la "chose" qu'ACT appelle "valeurs" "donne
une direction". Et, dans la définition courante, ce qui donne une
direction, c'est une construction verbale, c'est-à-dire, dans les
termes de la TCR, de la réponse relationnelle arbitrairement applicable
(RRAA) en action. Je propose que nous considérions le caractère
«global» des valeurs non pas comme lié à la fréquence avec laquelle
nous désirons certains résulats mais plutôt en relation avec le degré
de disponibilité de ce que nous appelons «valeurs» pour la direction de
nos actions. Leur «globalité» réside ainsi dans leur capacité,
virtuellement infinie, à donner une direction et non dans notre désir
virtuellement infini de voir survenir certaines conséquences dans notre
vie. C'est pour cette raison que je préfère utiliser le terme de
«principes directeurs» pour parler de ce qui nous occupe ici. Cette
formule rend compte de la constante disponibilité de ces principes pour
nous diriger dans la jungle de la vie avec laquelle chaque nouveau pas
que nous faisons nous met en contact. Si nous regardons en arrière,
nous voyons un chemin, celui que nos actions ont tracé. Mais si nous
regardons devant nous, il n'y a pas de chemin car personne n'a jamais
vécu notre vie avant nous. Les principes directeurs fournissent une
direction nous permettant de nous orienter dans cet inconnu qui est le
prochain moment de notre vie, et le prochain, et le prochain.» Je ne
puis pas traduire ici tout ce texte, dont Hank reconnaît lui-même qu'il
est «dense». Je l'ai transmis à Jean-Louis, qui a fait les commentaires
suivants :
Me voila un peu mélangé : je crois y comprendre que la mise en exergue
des valeurs consiste a mettre sur le devant de la scène les
conséquences éloignées ou cumulatives auxquelles nous n'avons pas
accès directement (opposition entre « in the moment » et « on reflexion
» comme dans le cas des règles). Zut, moi qui croyais avoir bien
compris que ACT permettait au contraire de reprendre contact
directement avec nos actions et l'environnement ! Aïe, ça se complique
! A moins que la réponse ne se trouve dans "AARR can put us out of
touch with non-verbal ways of experiencing life. But it can also
incorporate functions of experience that initially may not have been
encountered verbally into relational networks that can be put in the
service, rather than the detriment, of vital living". (Traduction : "Le
RRAA peut nous empêcher d'entrer en contact avec des façons
non-verbales de faire l'expérience de la vie. Mais il peut aussi
incorporer de façon verbale des aspects de l'expérience – qui peuvent
initialement ne pas avoir été rencontrés – dans des réseaux
relationnels pouvant être mis au service d'une vie vraiment vivante
plutôt que d'y faire obstacle." (Merci à Jean-Louis pour sa relecture
attentive de cette traduction qui m'a permis de corriger un
contre-sens). Peut-être s'agit il de dire que répondre
relationnellement permet le meilleur comme le pire. (Cette remarque de
Jean-Louis à propos du fait que répondre relationnellement permet le
meilleur comme le pire me fait penser à la fameuse fable d'Esope
http://home.tele2.fr/reseauesope/histoire_d'esope.htm Ainsi, ACT et la
TCR n'auraient pas 23 mais 2700 ans !)
Cependant, il semble que « it is AARR that helps us persist when we
distinctly don't "feel like doing so" » (Traduction : "C'est le RRAA
qui nous aide à persister quand nous ne nous «sentons» manifestement
pas de le faire.") réponde à notre interrogation précédente. Les
réponses relationnelles arbitraires agissent comme renforçateurs
intermédiaires qui maintiennent l'action en direction des valeurs.
Elles sont effectivement verbales et, on peut le supposer,
auto-administrées. Robb rappelle que ce sont des « augmentals ». Il
faut que j'aille revoir la définition exacte. Il termine en précisant
que les « leading principles » agissent comme des stimulus
discriminatifs en présence desquels les actions que nous approuvons ont
plus de probabilité d'être renforcées.
Je résume ce que j'ai écrit au forum international le 24.12 :
La réponse aux questions que nous nous posons se trouve peut-être dans
les archives du forum et dans certaines discussions en cours. La
contribution envoyée par Steve Hayes la veille de Noël dans laquelle il
élabore à partir de la phrase «le résultat est le processus par lequel
le processus devient le résultat» en est un bon exemple. Il y mentionne
le terme de «jargon de niveau moyen». Dans une contribution datée du
23.9.06 il avait écrit : «Nous avons besoin de termes cliniques de
niveau moyen comme défusion, valeurs, pistage etc. pour passer des
opérants relationnels au monde des comportements humains complexes et
des contextes sociaux dans lesquels ils prennent place.» Dans la
première partie du livre ACT de 1999 qui traite des bases théoriques,
il n'est pas question des valeurs; par contre, les différents aspects
de la notion de comportement gouverné par des règles (CGR) y sont
exposés dans le détail. Dans l'introduction à la seconde partie
(consacrée aux applications cliniques), on peut lire l'avertissement
suviant : «Le ton des six chapitres qui vont suivre est passablement
différent des précédents. Le discours scientifique repose sur des
descriptions précises et techniques. Il dépend de la signification
littérale et de la cohérence du discours à ce niveau. Le discours
thérapeutique est purement pragmatique; dès lors, toute façon de parler
qui va permettre de mener avec succès le travail à faire sera
pragmatiquement "vraie" même si elle peut être scientifiquement
"fausse" ou s'il peut y avoir incompatibilité entre une période de
temps et une autre.»
Le concept de «valeurs» doit donc être compris comme un terme de niveau
intermédiaire, utile pour le travail clinique, dont nous ne sommes pour
le moment pas encore en mesure de donner une définition opérationnelle.
Je cite encore une fois une contribution envoyée par Steve Hayes ( le
1er novembre dernier) au forum international dans le cadre d'une
discussion méritant à mon avis également le qualificatif de «dense» à
propos des relations entre CGR et «Quand nous aurons réussi à rendre
compte de la notion de valeurs en termes de TCR, nous serons prêts à
relever ce défi. Non pas que la question des valeurs et celle du CGR se
confondent; simplement, les aspects du concept de valeurs les plus
difficiles à décrire en termes de TCR sont inhérents au concept de
CGR.»
Je voyais donc deux options possibles pour approfondir notre discussion
:
(1) Nous associer à la difficile et «dense» discussion en cours visant
à aboutir un jour à un compte rendu scientifique du concept de valeurs.
La voie à suivre passe par l'approfondissement de nos connaissances en
TCR (les matériaux nécessaires ne sont cependant pas traduits : Ce sont
principalement le livre consacré au sujet publié par Hayes,
Barnes-Holmes et Roche en 2001 et le tutorial d'Eric Fox). En faire de
même avec la notion de CGR (le chapitre écrit par Zettle et Hayes en
1982 est un bon point de départ pour comprendre les notions de pliance,
de pistage et d'augmentage [je risque ces traductions provisoires pour
les concepts de pliance, tracking et augmental]). La discussion
inaugurée par Niklas Törneke le 14.9.2006 (voir
http://tech.groups.yahoo.com/group/acceptanceandcommitmenttherapy/
message/7409) et ravivée récemment (voir
http://tech.groups.yahoo.com/group/acceptanceandcommitmenttherapy/
message/8129) me semble concerner assez précisément les questions qui
nous intéressent.
(2) Rester pragmatiques et utiliser le mot de «valeurs» comme un terme
utile à notre pratique clinique. La question ne serait alors pas tant
de savoir s'il est «vrai» ou pas que la notion valeurs peut être
décrite en termes de DRO mais plutôt celles de savoir (a) à quoi nous
voulons que serve cette façon de parler et (b) si elle nous aide à
atteindre le résultat voulu.
Kelly Wilson nous a répondu le 24 décembre (je l'ai remercié pour ce
cadeau de Noël en m'excusant d'avoir fait intrusion dans un monde de
café et de natation).
Je pense que c'est bien de demander. Même très bien. Et fureter dans
les archives du forum c'est bien aussi. On y trouve des trésors. Je ne
voudrais pas que des collègues restent en retrait parce qu'ils ont peur
que la question qui les intéresse ait déjà été discutée. Je suis
actuellement en vacances, je bois un peu de café en pensant à aller
nager dans la mer, donc je ne dirai pas grand'chose, juste un mot à
propos de la question du DRO. Dans les procédures de DRO, une personne
qui a l'intention de changer le comportement d'une autre intervient en
ajoutant des conséquences à chaque comportement émis «autre» que le
comportement qu'elle veut éliminer. On pourrait ainsi ajouter du
renforcement pour pour tout comportement autre que de l'évitement. Mais
que sera le renforcement que nous allons ajouter ? Quelques éloges, des
encouragements, des bravo ? Il y en aura peut-être un peu, mais ce qui
m'intéresse surtout ce sont les choses importantes qui organisent le
comportement du patient. Après tout, est-ce que je tiens à ce que mon
approbation soit une valeur importante pour le patient ? Pas tant que
ça. D'ailleurs, je ne vais pas rester avec le patient pour donner le
renforcement. Ce qui motive le comportement du patient c'est la
concordance entre le mode d'organisation (patterning) de son
comportement et un certain mode d'organisation verbalement construit
qu'il_valuerait dans un monde où valuer serait possible. AINSI, la
question devient : Qu'y a-t-il entre ce monde et lui ? Vous savez tous
bien que, quand je parle de valeurs, je pense à des schèmes d'activité
dans lesquels il est possible de s'engager
quelles_que_soient_les_circonstances. Nelson Mandela a continué à tous
nous valuer pendant toutes ces années où ils l'ont gardé enfermé dans
une prison. ( «Les murs de pierre ne font pas une prison, ni les
barreaux de fer une cage.» Richard Lovelace,) Je doute que son
comportement ait été organisé par «Bon travail, Nelson». Le
renforcement était_dans_le_mode_d'organisation du comportement lui-même
(c-à-d. dans sa concordance avec un schème verbalement construit. Nous
n'ajoutons pas du renforcement pour un "autre" comportement, c'est un
comportement qui est déjà là -- donc, pas de DRO.)
En fait, tout cela signifie que les obstacle à l'action de valuer (je
ne parle pas ici d'activités particulières, mais du fait de valuer)
sont de nature verbale : fusion et non-acceptation.
Bien, finalement un peu plus que mes deux cents
Paix pour les fêtes
Kelly
Voilà où nous en sommes pour le moment. Je vous souhaite à tous une
magnifique année 2007
Philippe
Mais oui ça marche ! Bonjour Patrick et bienvenue !
Pour accepter l'anxiété devant l'informatique, je crois qu'il n'y a qu'une seule recette, et vous l'avez magistralement appliquée : Cliquer sur le bouton «Envoyer» du programme de messagerie AVEC l'anxiété qui nous dit qu'il va y avoir un problème, qu'on va se planter, etc. Le terme d'acceptation est problématique dans la mesure où il a une connotation passive alors que l'acceptation doit plutôt être comprise comme un processus actif, comme une action. Lorsque je parle avec mes patients, j'utilise plutôt des termes comme «être d'accord» ou «donner sa permission» qui me paraissent mieux souligner la dimension active de ce concept. J'utilise aussi des exercices pour montrer que ce dont il s'agit, ce n'est pas de «réussir à avoir dans la tête» des pensées du style «oui je suis d'accord d'avoir cette angoisse» (ou cette douleur) puisqu'on se retrouverait alors pris au vieux piège de la prise de tête dont la TCR nous explique ce que nous savons par expérience : Il ne peut que se resserrer.
Je profite de l'occasion d'abord pour tous vous prier de bien vouloir excuser la récente salade de courriels, (je crois que le problème est maintenant réglé) puis pour répondre à Jean-Louis, ou plutôt pour lui demander s'il est d'accord que je traduise en anglais notre récent échange, qui a très vite, comme je le redoutais, montré les limites de mes connaissances, et que je le soumette au forum de discussion international. Je suis persuadé que nous recevrons des réponses qui nous permettront d'aller plus loin. Je m'efforcerai de les traduire en français au fur et à mesure.
Cordialement
Philippe Vuille
Le 21 déc. 06 à 15:28, Patrick Lehmann a écrit :
je viens de m'inscrire et voudrais "tester" si "ça marche" !!! Ah, l'anxiété face à l'informatique ... comment l'accepter ...
Merci pour votre site et son (riche) contenu, Cordialement, Patrick Lehmann,
Voici enfin ce mail qui aurait dû vous parvenir hier soir déjà.
Bonjour à tous,
Jean-Louis Monestès m'a posé la question suivante :
> Quelles différences entre ACT et
> thérapie de pleine conscience?
> Plus précisémment, pensez vous que l'usage des métaphores constitue une
> différence fondammentale? Et par ailleurs, si j'ai bien compris,
> l'usage
> des métaphores doit se faire avec le moins d'explications possibles
> afin
> de ne pas redonner de force au langage via les cadres relationnels.
> Comment les patients accueillent-ils l'aspect un peu énigmatique d'une
> telle démarche?
Avec son accord je vous soumets ces interrogations ainsi que les
réponses que j'ai tenté d'y apporter. Il m'a semblé qu'il y avait
peut-être là matière à une discussion plus large qu'un simple dialogue.
Je rêve de voir un jour ce type d'échange prendre les dimensions qu'il
a sur le forum de discussion ACT international. Bon, ils sont 1200,
nous sommes 6, il faut garder les pieds sur terre. Mais, comme disent
les chinois : Un voyage de mille li commence par un pas !
Quelle différence entre ACT et thérapie de pleine conscience ?
J'imagine que vous parlez de la MBCT de Segal, Williams et Teasdale qui
a été développée dans un but précis : la prévention de la rechute
dépressive. Comme ACT, la MBCT ne cherche pas à modifier le contenu des
pensées difficiles mais plutôt à changer la relation que le patient
entretient avec ses cognitions. Grâce aux techniques de méditation, il
apprend une nouvelle attitude de distanciation dans laquelle il les
observe sans y répondre, sans argumenter, sans s'y attacher. Le
résultat espéré est que cette nouvelle compétence va l'aider à éviter
de se laisser prendre dans une spirale descendante qui verra les
pensées négatives se renforcer et devenir envahissantes et les
résultats empiriques suggèrent que c'est effectivement ce qui se passe
– chez les patients ayant déjà connu au moins deux ou trois épisodes
dépressifs (l'hypothèse la plus plausible expliquant ce résultat étant
que les patients qui n'ont fait qu'une décompensation ne pratiquent pas
avec la même assiduité que ceux qui ont été davantage marqués par la
maladie). ACT utilise aussi les techniques de pleine conscience et
certains exercices ACT (comme celui dans lequel le patient est invité à
imaginer qu'il est assis par une belle journée d'automne au bord d'un
cours d'eau tranquille, après quoi on lui demande de déposer ses
pensées, au fur et à mesure de leur apparition, sur les feuilles mortes
qui dérivent avec le courant et de les regarder s'en aller) sont très
proches des techniques de méditation vipasana inspirées de la pratique
bouddhiste qui constituent l'ingrédient essentiel de la MBCT.
Les différences entre ACT et la MBCT me semblent principalement de deux
ordres :
(1) ACT utilise d'autres techniques que celles dérivées de la
méditation vipasana pour affaiblir la domination des processus verbaux.
Vous avez fait allusion à l'utilisation des métaphores. J'y reviendrai
plus bas en essayant de répondre votre question à ce propos. Il y a
aussi tout l'éventail des stratégies de défusion, comme le fameux
exercice «milk milk milk...» dont je trouve d'ailleurs qu'il est
difficilement utilisable en français parce que nous n'avons pas, une
fois adultes, la même familiarité que les Américains avec le lait comme
boisson quotidienne et que, de surcroît, «lait lait lait...» sonne
presque trop facilement comme un non-sens en français pour que
l'exercice atteigne son but. La variante la plus utile que j'ai trouvée
jusqu'à présent est «chocolat chocolat chocolat...» Je me souviens d'un
patient pourtant déjà septuagénaire avec qui nous avions fait du très
bon travail dont le point culminant reste pour moi ce moment qui nous a
vus tourner en rond dans ma pièce de consultation en psalmodiant la
pensée qui l'avait tourmenté toute sa vie : «T'as fait faux, t'as fait
faux, t'as fait faux, t'as fait faux, tafféfô, tafféfô etc.» Il portait
aussi sur lui des billets où ces mots étaient écrits. Il a ainsi pu
réellement changer son mode d'interaction avec ce type de contenu
psychique dont il avait toute sa vie essayé de se débarrasser par une
constante «prise de tête» en même temps que par un comportement
perfectionniste.
(2) ACT ce n'est pas seulement «acceptance», c'est aussi «commitment»,
toute la dimension de l'engagement dans des comportements orientés par
les valeurs propres du patient. Cet aspect me paraît pratiquement
absent de la MBCT telle qu'elle est enseignée dans le manuel
aujourd'hui heureusement (et magnifiquement) traduit en français
(http://www.amazon.fr/thérapie-cognitive-pleine-conscience-dépression/
dp/2804150534/sr=1-2/qid=1166044245/ref=sr_1_2/171-5055994-4093057?
ie=UTF8&s=books) ou dans les ateliers. On trouve certes quelques pages
au chapitre 12 du manuel intitulé «Comment prendre soin de moi au
mieux» où il est question de s'engager dans des «actions qui me
nourrissent» mais cette dimension n'est pas intégrée de façon
systématique et permanente à la thérapie comme dans ACT. Le travail sur
les valeurs est une partie difficile de l'approche ACT, on ne peut
mieux la décrire que ne le font Kelly Wilson et Amy Murrell dans le
texte annexé dont je suis très heureux d'avoir enfin achevé la
traduction.
L'usage des métaphores
L'utilité du recours à la métaphore est bien expliquée en p. 83-84 du
livre ACT de 1999 : (1) Une métaphore, c'est juste une histoire. Elle
ne comporte pas de prescription ou de directive. Elle se prête donc
particulièrement bien à affaiblir les phénomènes de «pliance» qui
jouent un rôle important dans beaucoup de problèmes. Il va être
difficile pour le patient, en réponse à une métaphore, de savoir quoi
faire pour «faire juste». (2) Davantage qu'au registre du discours
linéaire et logique, la métaphore appartient à celui de l'image. La
réalité que la métaphore veut décrire est souvent difficile à cerner
par des constructions morales ou verbales. Une métaphore bien présentée
peut représenter un véritable exercice expérientiel pour le patient.
L'usage de métaphores aide à faire du champ thérapeutique un nouveau
contexte social/verbal dans lequel le fait de s'appuyer exagérément sur
des constructions rationnelles est remis en question en même temps
qu'on accorde davantage de valeur au type de sagesse résultant du
contact direct avec les contingences. (3) Il est facile de se souvenir
d'une métaphore si bien qu'elle va accompagner le patient dans de
nombreux domaines où l'on souhaite qu'il puisse changer de
comportement. En ramenant sur le terrain du bon sens des aspects
paradoxaux de la théorie qui ne pourraient être expliqués que par de
longs discours qui leur feraient perdre leur substance, les métaphores
permettent d'obtenir une meilleure adhésion des patients au modèle.
Comment les patients accueillent-ils l'aspect un peu énigmatique de la
démarche ?
Mes patients me donnent dans l'ensemble un feed-back extrêmement
positif. Cela a été particulièrement frappant dans le cas de thérapies
qui étaient devenues «chroniques» et piétinaient dans un «soutien» dont
on ne sait jamais très bien ce que c'est et qui ont pu être remises en
mouvement et parfois terminées. La démarche devient beaucoup moins
énigmatique quand on applique tout l'aspect relationnel du modèle avec
une relation horizontale entre patient et thérapeute où il n'y a plus
celui «qui sait» et «qui a réussi» qui va apprendre à celui qui nage
encore dans l'ignorance et dans l'erreur. Il est très important
d'écouter le patient et de ne pas le submerger avec une salade de
métaphores mais de bien choisir les métaphores et de les construire si
possible sur mesure pour le patient de manière à ce qu'elles capturent
dans leur construction les aspects «non-arbitraires» de son expérience.
Un patient doit se sentir profondément compris par une métaphore. Quand
je me rends compte que je commence à expliquer la métaphore, je sais
qu'elle était mal choisie et/ou mal présentée et que je suis «à côté de
la plaque».
Bienvenue à tous ceux qui voudront bien «rebondir» sur ces quelques
remarques qui méritent certainement d'être complétées, corrigées,
enrichies, nuancées, contestées, etc.
Philippe
Docteur Philippe Vuille
Psychiatrie et psychothérapie FMH
Moulins 51
CH-2004 Neuchâtel 4
Tél. +41 32 724 77 79
Fax. +41 32 846 17 30
Bonjour à tous,
heureux de me joindre à vous. Je suis psychologue en France et très content
que des échanges s'instaurent sur ACT en francais.
Merci à Philippe du travail accompli sur le chapitre sur les valeurs.
Cela m'amène une question:
Les auteurs parlent de l'exposition et ils expliquent que le but va être
non pas de diminuer les évitements et l'activation neurovégétative, mais
d'élargir le répertoire comportemental, ils affirment que « Même si le
déclenchement de l'activation neurovégétative et l'évitement seront
généralement réduits par un tel traitement, ce n'est pas leur réduction qui
en constitue le but premier. ». A priori, cela semble opposé à ce qu'on
propose en TCC ou on va chercher à faire diminuer ou disparaitre le
symptome, mais ne peut on pas considérer alors que ce qui est mis en place
est une sorte de "renforcement différentiel" (DRO)?
Dans un renforcement différentiel, on tente de parvenir à une réduction d'un
comportement qui pose problème de façon indirecte, en supposant qu'il
diminuera lorsque d'autres comportements augmenteront en fréquence (loi du
matching généralisé) ? Ici, l'idée semble être la même, non?
Et si oui, que fait-on? Du DRO ou une sorte "d'exposition généralisée"?
Amicalement,
JL
Jean-Louis MONESTES
Service Universitaire de Psychiatrie
Neurosciences Fonctionnelles & Pathologies
CNRS UMR 8160
Centre Hospitalier Ph. Pinel
Route de Paris -DURY
80044 AMIENS CEDEX 1
FRANCE
Bonjour à tous,
Je suis heureux de pouvoir joindre à ce message la traduction de
Wilson, K. G. & Murrell, A. R. (2004). Values work in Acceptance and
Commitment Therapy: Setting a Course for Behavioral Treatment. In
Hayes, S. C., Follette, V. M., & Linehan, M. (Eds.) Mindfulness &
Acceptance: Expanding the cognitive-behavioral tradition (pp. 120-151).
New York: Guilford Press.
J'ai souhaité traduire ce chapitre parce qu'il me paraissait
représenter un bon résumé théorique de l'approche ACT tout en
fournissant un exemple d'application concrète susceptible de donner au
lecteur une bonne image du climat thérapeutique que nous cherchons à
établir. Il inaugure la section «Littérature» de la partie francophone
du site ACBS que j'espère voir s'enrichir à l'avenir.
J'espère que ce document vous sera utile. Vos commentaires et remarques
pourront m'aider à améliorer la qualité de futures traductions
éventuelles.
Il y a d'autres choses encore dans la hotte du père Noël ! Le premier
atelier ACT en français (en tout cas de ce côté-ci de l'Atlantique)
prendra place le 29 juin 2007 dans le cadre du congrès annuel de
l'AFFORTHECC. Cf http://www.afforthecc.org/index.php?id=467J'offrirai
une boisson de leur choix à tous ceux qui feront le voyage pour venir
me soutenir (je suis mort de peur.)
Je vous fais parvenir par un second courriel le texte d'un récent
échange que j'ai eu avec J.L. Monestès à propos des différences entre
ACT et la thérapie de pleine conscience.
Meilleurs voeux à tous pour un joyeux Noël et une année 2007 riche et
pleine de vie.
Philippe
Docteur Philippe Vuille
Psychiatrie et psychothérapie FMH
Moulins 51
CH-2004 Neuchâtel 4
Tél. +41 32 724 77 79
Fax. +41 32 846 17 30
Steve Hayes a signalé une publication importante de Sona Dimidjian et
al. : Randomized Trial of Behavioral Activation, Cognitive Therapy,
and Antidepressant Medication in the Acute Treatment of Adults With
Major Depression, récemment parue dans le Journal of Consulting and
Clinical Psychology (http://content.apa.org/journals/ccp/74/4/658).
En 1996, Jacobson et. al. publiaient leur fameuse «component
study» (A Component Analysis of Cognitive—Behavioral Treatment for
Depression) dans laquelle 150 patients avaient été randomisés en
trois groupes avec traitement soit par la TCC selon le modèle complet
(y compris le travail sur les schémas cognitifs), soit par un
traitement d'activation comportementale duquel la composante de
restructuration cognitive de la TCC était exclue, soit par un
traitement d'activation comportementale avec restructuration
cognitive mais sans travail sur les schémas. Cette étude n'a pas
montré de différences significatives entre les trois groupes.
L'étude de Dimidjian et al. a porté sur 241 patients. J'en traduis le
résumé en français :
Les médicaments antidépresseurs sont actuellement considérés comme le
traitement standard des dépressions sévères, et la thérapie
cognitive constitue le traitement psycho-social de la dépression dont
l'efficacité a fait l'objet des recherches les plus étendues.
Cependant, tous les patients ne sont pas d'accord de prendre des
médicaments et l'efficacité de la thérapie cognitive n'a pas été
démontrée de manière constante dans toutes les études. De plus, des
stratégies de recherche démantelant la TCC en ses différentes
composantes ont abouti à la suggestion que la composante
comportementale pourrait être responsable de l'essentiel de son
efficacité. La présente étude a visé à tester l'efficacité de
l'activation comportementale en la comparant avec la thérapie
cognitive et le traitement médicamenteux antidépresseur dans un
dispositif randomisé avec contrôle par placebo chez des adultes
souffrant d'un trouble dépressif majeur (N = 241). En outre, elle a
examiné l'influence de la sévérité initiale du trouble sur le
résultat du traitement. Parmi les patients les plus sévèrement
déprimés, l'efficacité du traitement par activation comparable s'est
avéré comparable à celle de la médication antidépressive et ces deux
modalités se sont montrées clairement supérieures à la thérapie
cognitive. Les implications de ces résultats pour l'évaluation des
lignes directrices actuelles en matière de traitement et pour la
formation des thérapeutes est discutée.
... et deux passages significatifs :
Alors que le modèle d'activation comportementale (AC) testé dans la
«component study» de 1996 était essentiellement défini par la
proscription des interventions cognitives, le principe fondamental du
modèle étendu d'activation comportementale que nous avons utilisé
repose sur l'analyse fonctionnelle comme instrument de compréhension
du compréhension du comportement dépressif et sur des interventions
contextuelles pour y le modifier. L'approche AC s'inscrit dans la
tradition inaugurée par Ferster (1973) et poursuivie par Lewinsohn
(1984) qui ont tous deux identifié un lien entre comportement évitant
et dépression et recommandé le recours à des stratégies d'activation
pour sortir d'une logique de punition et augmenter les renforcements
naturels offerts par l'environnement (p.659)
En résumé, l'AC a montré de très bons résultats dans cette étude.
Elle s'est avérée au moins aussi efficace que la médication
antidépressive, cela même chez les sujets les plus sévèrement
déprimés, et elle a su garder en traitement une proportion plus
importante de patients suffisamment longtemps pour qu'ils puissent
bénéficier du traitement. Ce résultat, qui suggère que l'AC pourrait
constituer une alternative valable au traitement médicamenteux, est
de nature à remettre en cause les lignes directrices actuellement en
vigueur pour le traitement de la dépression. L'AC s'est également
montrée plus efficace que la TCC chez les patients les plus déprimés.
Ce résultat met en cause l'hypothèse selon laquelle la modification
directe des croyances négatives constituerait un aspect essentiel du
changement thérapeutique et suggère que le modèle AC étendu pourrait
offrir des interventions thérapeutiques plus solidement étayées que
la TCC dans les cas de dépression. Finalement, un aspect intéressant
de l'AC réside dans le fait qu'il s'agit d'une modalité thérapeutique
plus aisément exportable, plus facile à à mettre en pratique et à
enseigner que la TCC ou d'autres interventions plus complexes. Si tel
était le cas, il pourrait en résulter des avantages significatifs en
matière de santé publique. Ces questions devront faire l'objet de
futures recherches. (p.668)
L'étude de 1996 est disponible sur la toile en texte intégral anglais
à l'adresse http://homepage.psy.utexas.edu/homepage/Class/Psy394Q/
Behavior%20Therapy%20Class/Assigned%20Readings/Depression%20Lecture/
Jacobson96.pdf#search=%22jacobson%20truax%20component%20Dobson%20addis
%20nimh%22
Cordialement
Philippe
Bonjour à tous,
Ces quelques lignes pour vous signaler une nouvelle page en français sur le site
ACBS :
http://www.contextualpsychology.org/la_position_dobservateur
... et aussi pour tester le fonctionnement de notre «listserve» car plusieurs
messages
envoyés ces derniers jours n'y sont pas apparus.
Cordialement
Philippe
Bonjour à tous,
Comme notre forum de discussion est singulièrement calme (ce qui,
compte tenu de notre petit nombre, n'est guère étonnant...)
Je me propose de l'alimenter en traduisant à l'occasion quelques
passages des contributions qui me paraissent les plus significatives
dans les forums anglophones auxquels je participe. Mes traductions
seront souvent partielles, je les ferai suivre du texte complet de la
contribution traduite ainsi que du «fil» dans lequel elle s'est
inscrite.
J'espère bien sûr que ces contributions fonctionneront comme des
étincelles qui allumeront le feu de la discussion !
Philippe
Steve Hayes a répondu comme suit à une personne souffrant d'un trouble
obsessif-compulsif qui avait cru comprendre que la notion
d'«acceptation» impliquait qu'il fallait céder à ses impulsions
d'effectuer le comportement compulsif :
Accepter des pensées, des sensations et des envies n'a pas grand'chose
à voir avec le fait d'accepter des comportements. Ainsi, en présence de
compulsions, nous mettrions l'accent sur l'acceptation du besoin d'agir
et le fait de renoncer à tout effort pour se débarasser de ce besoin.
Une telle attitude est bien différente du fait d'exécuter le rituel. Si
vous y regardez de plus près, vous verrez que le fait d'exécuter le
rituel a pour fonction de chasser le(la) besoin/penseé/compulsion. En
d'autres termes, c'est une forme d'évitement.
Il fut un temps où j'étais tourmenté par des pensées obsédantes qui me
disaient que j'avais les mains sales et qu'il fallait que je me les
lave. Quand je me suis rendu compte que je commençais à me laver les
mains de plus en plus souvent pour éviter d'avoir ces pensées, j'ai mis
au point la stratégie suivante : Quand mon intelligence me disait de me
laver les mains je souriais et, au lieu de me laver les mains, je me
suçais les doigts. Fichtre, qu'est-ce que mon intelligence a gueulé !
Il n'a pourtant pas fallu plus de quelques jours pour que mes
impulsions compulsives deviennent hésitantes (“Euh, tu devrais te
laver... Non, non, c'est pas vraiment ce que je voulais dire !»)
L'intelligence, c'est comme les chiens. Il faut la dresser. Pour y
arriver, il faut opérer à partir d'une position en-dehors du champ
délimité par des concepts comme croyance/non-croyance ou
obéissance/résistance, etc. Paradoxalement, si vous argumentez à votre
intelligence, que vous n'êtes pas d'accord avec elle ou que vous lui
résistez, vous la nourrissez et la renforcez. Il est donc crucial
d'agir sur un terrain situé en-dehors de ce que l'intelligence
comprend.
Début du message réexpédié :
> De: "Steven C. Hayes" <hayes@...>
> Date: 19 août 2006 02:54:10 GMT+02:00
> À: <ACT_for_the_Public@yahoogroups.com>
> Objet: RE: [ACT_for_the_Public] ACT for OCD
> Répondre à: ACT_for_the_Public@yahoogroups.com
>
> Accepting thoughts, feelings, and urges is quite different from
> accepting behaviors.
> In the case of compulsions we'd be focusing on accepting the urge to
> act, letting go of
> any struggle with that urge, and so on. That does not mean doing the
> ritual (etc).
> If you look, you will see that doing the ritual serves to get the urge
> / thought / compulsion to go away.
> It is a form of avoidance in other words
>
> I used to have obsessive thoughts about my hands being dirty and
> needing to wash them.
> When I noticed I was starting to wash my hands as a form of avoidance
> I came up with this plan:
> when my mind demanded I wash my hands I smiled and sucked my fingers
> instead.
> Boy did my mind scream about that one! But it wasn't a matter of days
> before
> my obsessive urges got hesitant ("uh, wash your ... no, no. I don't
> mean it!")
>
> Minds are like dogs. You have to train them. You do it by operating
> outside of belief/disbelief;
> compliance/resistance; etc. Ironically, arguing with them or
> disagreeing with them or
> resisting them feeds them -- operating outside of what minds
> understand is key
>
> - S
>
> Steve Hayes
>
> From: ACT_for_the_Public@yahoogroups.com
> [mailto:ACT_for_the_Public@yahoogroups.com] On Behalf Of Virginia Morr
> Sent: Friday, August 18, 2006 4:04 PM
> To: ACT_for_the_Public@yahoogroups.com
> Subject: Re: [ACT_for_the_Public] ACT for OCD
>
>
> This approach seems "ACT-like" to me:
>
> What if when you begin reading, and each time you
> catch yourself counting 7's, you stop. You then say,
> "Thank you, Mind, for trying to calm me down (or
> whatever purpose it seems to serve)as I read. I
> appreciate it. Now, I'd like to read without
> counting." You may have to do it a million times ...
> it may work sometimes and not other times. But then
> you are NOT just allowing the counting to intrude (as
> ACT tells you with OCD thoughts), but you ARE still
> acknowledging and thanking the Mind, which ACT tells
> us to do.
>
> No clue if this would work for you, but I've been
> trying the "thank you Mind, but I'd like to think of
> something else for a while" method, and it kinda
> helps!
>
> My two cents,
>
> Ginny
>
> --- homuncu_lie <homuncu_lie@...> wrote:
>
> > I searched through the archives (and the internet)
> > for applications of
> > ACT for OCD, and I was rather confused...
> >
> > I think I understand the application to intrusive
> > thoughts (and hence
> > the rituals that follow them) - i.e. the more we
> > resist them and try
> > not to think a certain thought, paradoxically the
> > stronger the thoughts
> > become; and if we allow ourselves to HAVE the
> > thoughts, they will
> > become less strong in the end.
> >
> > But what about compulsions that do NOT follow
> > obsessions (e.g. I count
> > in multiples of 7s while reading b/c I feel
> > compelled to do so - it
> > does not follow an intrusive thought - it just feels
> > right)? From what
> > I read in this community (and on the net), is it
> > true that ACT would
> > say to allow us to engage in rituals instead of
> > resisting them (like
> > behavior therapy would say)? How would that help?
> > If my rituals make
> > reading and other activities difficult, isn't it
> > getting in the way of
> > doing things that give my life meaning?
> >
> > Thanks! (And thank you for all your responses to my
> > first post - they
> > were VERY helpful)
> >
> >
> >
> >
>
> __________________________________________________
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> Search Jobs
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> Yahoo! Mail
> Drag & drop
> With the all-new
> Yahoo! Mail Beta
> .
À tous les intéressés,
Vous trouverez dans la section ACT français/matériel clinique créée par Philippe
Vuille de
nouveaux outils thérapeutiques tel que questionnaires, journaux,
auto-observation etc.
Bonne lecture et n'hésitez pas à faire part de vos commentaires.
Cristel Neveu
Comme la rapidité du cheval ou la longueur du cou de la girafe, l'intelligence humaine est un produit de l'évolution. Elle a donc été sélectionnée comme un mécanisme de survie permettant la matérialisation de dangers qui ne sont pas immédiatement présents, la mise en oeuvre de stratégies d'anticipation ainsi que l'élaboration d'une organisation sociale basée sur des règles verbalement transmissibles. L'intelligence est un outil de survie, pas un outil de bien-être. En même temps qu'elle confère à l'être humain un pouvoir inconnu de tout autre être vivant, elle l'afflige d'une lucidité lourde à porter : Quels que soient les avantages et les qualités du lieu dans lequel je me trouve, mon intelligence va automatiquement en repérer les inconvénients et me faire miroiter un ailleurs meilleur. Aussi heureux mon présent soit-il, elle va me dresser la liste des pertes auxquelles je peux m'attendre et des catastrophes que je puis encourir. Elle fonctionne ainsi comme une formidable machine à pourrir l'ici et le maintenant.
Notre capacité de représenter virtuellement des réalités futures ou lointaines comme si elles étaient présentes nous protège contre des dangers avec lesquels nous n'avons jamais eu de contact immédiat et nous permet d'échafauder des solutions à des problèmes complexes sans avoir à multiplier les essais et les erreurs. Nous ne pouvons l'inactiver temporairement comme on débranche son téléphone quand on veut être tranquille.
Nous avons appris dès notre plus jeune âge à utiliser l'intelligence pour agir sur le monde qui nous entoure. Nous ne sommes pas davantage conscients de son fonctionnement que de la matérialité de l'air que nous respirons et il est probablement encore plus difficile de prendre conscience du fonctionnement de l'intelligence qu'il ne l'est d'être attentif à sa respiration. La voix intérieure qui sans cesse commente nos actes, planifie et prévoit, regrette ou critique, nous est si familière que nous avons tendance à nous confondre avec elle et à croire que ce qu'elle nous dit est la vérité – surtout quand elle nous dit que c'est la vérité !
Agir avec intelligence sur la réalité extérieure apporte des expériences de succès, des satisfactions grisantes. L'enfant reçoit très tôt le message qu'il peut aussi appliquer son intelligence pour modifier son monde interne : Ne pleure pas, ce n'est pas grave. Il ne faut pas avoir peur, il n'y a pas de monstres ici. Du haut de ses trois pommes, il peut avoir l'impression que les adultes réussissent à faire ce qu'ils préconisent puisqu'il ne les voit pas pleurer ou trembler.
Votre intelligence vous dit sans doute qu'il est effectivement possible de se faire une raison, de se convaincre que tout ira bien, et qu'il vaut mieux «penser positif» comme le préconise sans doute le «psy» de service dans votre journal du dimanche. Mais que vous dit votre expérience ? La question est complexe. Machine à survivre, sans cesse à l'affût de nouveaux problèmes à résoudre, l'intelligence a naturellement tendance à produire des pensées «négatives». On peut l'utiliser pour penser positif comme on peut utiliser une voiture pour rouler en arrière : On ne dispose alors que d'une seule vitesse fort lente et la position de conduite est peu naturelle. On fera un bout de chemin, mais pour un long voyage, on finira toujours par se retrouver en marche avant car la voiture est construite pour ça. Le psychanalyste René Diatkine a résumé l'aspect tragique de la condition de l'homme en disant : «A partir du moment où il quitte les bras de sa mère pour marcher seul vers le tombeau, la dépression est l'état naturel de l'homme».
L'intelligence fonctionne à merveille lorsqu'il s'agit d'éliminer un inconfort dans le monde situé à l'extérieur de la peau. Quand on cherche à éliminer un inconfort dans le monde intérieur, à se débarrasser d'une douleur, à oublier un souvenir pénible, à se convaincre qu'un événement qu'on redoute ne va pas se produire, elle est souvent utile... pour autant que la douleur ne soit pas trop forte ni trop durable, que le souvenir ne soit pas trop insistant ni l'inquiétude trop tenace. Les situations où l'application de l'intelligence au monde intérieur aboutit au but recherché apparaissent comme des exceptions confirmant la règle valable pour les événements privés (les pensées, les images mentales, les émotions, les sensations physiques) : Moins vous les voulez, plus vous les avez.
Le behaviorisme et la personne de B.F. Skinner sont associés, en particulier dans le domaine francophone, à des images négatives. Le behaviorisme radical de Skinner est confondu avec le behaviorisme «stimulus-réponse» de Watson. Comme l'expérimentation animale portant principalement sur des rats et sur des pigeons a joué un rôle fondamental dans les recherches de Skinner, on lui a reproché de vouloir réduire l'être humain à ce qu'il a en commun avec les animaux, reproche encore étayé par le fait qu'il a adopté une position déterministe mettant en question la notion de liberté. Dans l'avant-propos qu'il a rédigé à la traduction française de «Science et comportement humain», Dorna résume la manière dont Skinner est vu en France : Disons brièvement que l'oeuvre scientifique et «morale» de Skinner se trouve entourée d'une étrange inimitié au sein des milieux académiques et intellectuels en France. Certains jugements, transmis généralement de bouche à oreille, sont repris par des journalistes désinformés et également par des enseignants au point que des «bruits de couloir» sont présentés comme des «vérités» incontestables à force de les marteler sans discernement.
Il faudrait écrire un livre ou plusieurs pour réfuter ces critiques. D'autres s'en sont chargés. On lira avec profit l'ouvrage de Marc Richelle «B.F. Skinner ou le péril behavioriste». J'en extrais le passage suivant : Pour le behavioriste (...) la psychologie, si elle veut être une science, doit se donner pour objet des phénomènes observables à l'aide des méthodes habituelles des sciences de la nature; elle doit rechercher objectivement les variables dont ces phénomènes sont fonction. Cette position a paru à beaucoup inadmissible, parce qu'elle réduirait le champ de la psychologie aux seuls actes moteurs accessibles à l'observateur et en exclurait ces innombrables événements intérieurs que tout être humain sait se dérouler en lui. En fait, c'est se méprendre sur le parti pris méthodologique du behaviorisme. Il ne nie nullement les phénomènes intérieurs. Mais, d'une part, il dénie au sujet l'aptitude à en fournir une analyse scientifique (il rejoint en cela les positions de Freud et de Janet); d'autre part, il dénie aux événements psychiques internes, ou, si l'on veut, aux événements mentaux, un statut foncièrement différent de celui des conduites aisément observables de l'extérieur. Le problème de la psychologie est de les rendre accessibles à l'analyse, de les traiter comme des comportements et non comme des sources abstraites et invérifiées de comportements. L'antimentalisme, qui constitue l'un des traits dominants du behaviorisme actuel, n'est pas négation des événements mentaux, mais refus de les invoquer comme explication.
Dans leur présentation de la psychothérapie analytique fonctionnelle (Functional Analytic Psychotherapy), une thérapie appartenant comme ACT à la troisième vague des thérapies comportementales, Kohlenberg et Tsai décrivent les tenants et aboutissants du behaviorisme radical :Le behaviorisme radical est une théorie riche et profonde qui tente de s'approcher des racines du comportement humain. Les lapsus, l'inconscient, la poésie, la spiritualité, la métaphore figurent parmi les sujets qui ont été discutés par les behavioristes radicaux. Les sentiments et les autres expériences privées sont pris en compte et «les stimulations prenant naissance à l'intérieur du corps jouent un rôle important dans le comportement.» (Skinner, 1974) (...) Skinner rejette l'idée selon laquelle, quand nous connaissons quelque chose, l'expression de notre connaissance est constituée par une représentation de ce que l'objet de la connaissance est et que l'objet de notre connaissance a une identité plus ou moins permanente comme un élément réel de la nature. Nous «chosifions» volontiers des événements parce que nous avons l'habitude de discourir à propos d'un monde composé d'objets dont nous avons la sensation qu'ils possèdent une consistance et une stabilité inhérentes. En fait, le but de découvrir des vérités objectives que la science s'était fixé s'est avéré impossible à poursuivre. Au coeur de la science il y a soit le comportement des scientifiques, soit les artefacts produits par leur activité, et le comportement scientifique est vraisemblablement contrôlé par le même genre de variables qui gouvernent tous les autres aspects de la complexité du comportement humain. Le chercheur n'est donc rien de plus qu'un organisme en train de se comporter si bien que les intérêts et les activités de l'observateur scientifique ne peuvent jamais être complètement désintriqués des observations qu'il produit. Cette position anti-ontologique de Skinner se rapproche d'un point de vue constructiviste ou Kantien.
Si Skinner s'est intéressé au comportement des animaux, c'était pour pouvoir ultérieurement construire sur des bases conceptuelles solides étayées par des travaux expérimentaux reproductibles et vérifiables une psychologie qui rendrait compte du comportement humain. En 1938, il écrivait dans les dernières pages de «The Behavior of Organisms» : Le lecteur aura remarqué qu'il n'est pratiquement fait aucune allusion à une possible extension au comportement humain danscet ouvrage. Cela ne signifie pas que l'intérêt pour le comportement du rat est présenté comme une fin en soi. L'importance qu'il y a à développer une science du comportement dépend en grande partie de la possibilité de l'étendre ultérieurement aux affaires humaines. (...) Il n'est pas possible pour le moment de dire si une telle extrapolation est ou non justifiée. Il est possible que le comportement humain présente des particularités qui requerront une approche différente. (...) Je puis dire que les seules différences que je m'attends à voir mises en évidences entre le comportement du rat et celui de l'être humain (hormis une immense différence en matière de complexité) résident dans le domaine du comportement verbal.
L'étude du comportement verbal a occupé Skinner pendant toute la seconde partie de sa carrière. L'ouvrage dans lequel il a présenté sa théorie du langage (Verbal Behavior, 1957) n'a pas permis le développement d'une ligne de recherches expérimentales fructueuses. La théorie des cadres relationnels représente une nouvelle manière de concevoir une théorie fonctionnelle du langage reposant sur les principes fondamentaux du behaviorisme.
ACT (thérapie d'ACceptation et d'engagemenT) est une psychothérapie comportementale appartenant à ce qui est décrit comme la troisième vague des thérapies du comportement. Elle repose sur une théorie fonctionnelle du langage (la théorie des cadres relationnels) élaborée en continuité avec les efforts de Skinner pour développer une approche scientifique du comportement humain. Comme toutes les thérapies comportementales, ACT attache beaucoup d'importance à l'étayage empirique des principes qui la fondent et à la documentation de son efficacité par l'expérimentation clinique.
Plutôt qu'une nouvelle psychothérapie, ACT peut être vue comme une nouvelle façon de voir la psychothérapie. De la même manière que la physique quantique n'invalide pas la mécanique newtonienne qu'elle ramène simplement au statut d'un cas particulier, ACT ne s'inscrit pas «contre» la psychanalyse, la thérapie cognitive ou les thérapies existentielles; elle leur emprunte d'ailleurs bon nombre de techniques qu'elle intègre toutefois dans un cadre conceptuel original s'appuyant sur une philosophie contextualiste fonctionnelle.
Toute psychothérapie vise à un changement. La théorie des cadres relationnels explique comment les modalités de fonctionnement du type particulier d'intelligence que ses capacités langagières confèrent à l'être humain impliquent inévitablement un niveau élevé de souffrance dans un large éventail de situations. ACT cherche à favoriser l'acceptation des événements privés (pensées, images, sensations) désagréables dans les situations où leur évitement conduit au renoncement à des actions correspondant aux valeurs choisies par le sujet ou à la persistance dans des actions contraires à ses valeurs. Le but poursuivi par ACT est donc une flexibilité comportementale accrue.
L'intelligence verbale, ressource adaptative principale de l'humanité dans la lutte pour la survie fonde aussi la possibilité pour l'être humain d'orienter son comportement en fonction de valeurs offrant des perspectives allant au-delà d'expériences de satisfaction à court terme. Le travail sur les valeurs constitue un des aspects importants du travail thérapeutique. Prendre un engagement, c'est choisir maintenant une attitude future dont on sait qu'elle pourra entraîner un inconfort à court terme mais contribuera à la direction qu'on souhaite donner à sa vie.
Paradoxalement, l'intelligence verbale fonctionne aussi comme un système restreignant considérablement les possibilités de l'être humain de contacter le moment présent et elle lui ouvre la possibilité d'éviter non seulement des situations extérieures dangereuses mais aussi des états intérieurs désagréables. Cet évitement d'expériences joue un rôle important dans le développement et le maintien des problématiques définies par les nomenclatures psychiatriques comme des troubles anxieux, des troubles dépressifs ou des troubles de la personnalité.
Thérapeute et patient n'ont pas d'autre moyen que le langage pour communiquer. Le recours à la métaphore et au paradoxe ainsi qu'à des exercices visant à donner l'occasion de faire des expériences plutôt que d'acquérir des connaissances verbales sont largement utilisés par le thérapeute pour développer (chez lui-même comme chez les patients qui le consultent) la capacité d'appréhender en pleine conscience toutes les facettes de l'expérience du moment présent afin d'augmenter la liberté de choisir soit de changer de comportement soit de persister dans une ligne de conduite pour mieux orienter sa vie en fonction de ses valeurs.
Le traitement ne vise pas à changer le contenu des événements privés mais à en modifier le contexte, notamment le contexte de littéralité dans lequel l'ensemble de sons formant un mot ou une phrase acquièrent les fonctions perceptives des réalités qu'ils désignent. Quand ce mouvement réussit, il permet d'accepter plus facilement des événements privés désagréables. L'évitement n'est alors plus la seule issue et l'engagement dans des actions au service des valeurs choisies devient possible.
Pour en savoir plus sur ACT, explorez ce petit bréviaire en français. Nous espérons qu'au fur et à mesure que le nombre de francophones intéressés croîtra, les échanges sur notre forum de discussion s'intensifieront et s'enrichiront. N'hésitez pas à vous y inscrire. Si vous maîtrisez l'anglais, vous aurez accès à des informations plus complètes sur l'ensemble du site ACBS. Être membre vous donnera aussi la possibilité de poser d'éventuelles questions après chacune des pages et d'alimenter ainsi une discussion qui enrichira progressivement ce matériel.
Mon idée est la suivante : La première page à laquelle le lecteur accédera sera celle où ACT est décrit (je vous l'envoie tout soudain).
Une remarque générale : A chaque fois qu'un terme dans le texte est souligné, cela signifie qu'il fonctionnera dans la version mise en ligne comme un hyperlien conduisant le lecteur à une autre page dans laquelle ce terme est expliqué et développé.
Dans la page intitulée UN BRÉVIAIRE EN FRANÇAIS je me propose d'expliquer ma démarche.
L'essentiel de la littérature ACT n'est disponible qu'en anglais et cela représente un obstacle important pour beaucoup de lecteurs francophones. D'où l'idée d'un résumé en français dans lequel j'aimerais rendre accessible à mes collègues une approche originale et féconde qui a beaucoup enrichi ma pratique clinique.
Plutôt que de traduire les pages correspondantes du site ACBS en anglais, j'ai préféré résumer ce que je crois avoir compris sur la base de mes lectures, des ateliers auxquels j'ai pu assister et des échanges que j'ai pu avoir avec des collègues lors de réunions de formation et par le biais du forum de discussion ACT. Il aurait été fastidieux de mentionner à chaque pas les sources sur lesquelles je me base et je ne l'ai fait que lorsque j'ai traduit littéralement un passage donné. Ce texte ne doit pas être considéré comme une production personnelle de ma part, il ne représente qu'une tentative de restituer ce que j'ai reçu de la part de tous les membres de la communauté ACT qui partagent leur savoir avec une grande générosité. Cela dit, c'est évidemment à moi qu'incombe la responsabilité d'éventuelles erreurs. Merci de me les signaler. En devenant membre de l'ACBS, vous aurez la possibilité de poser d'éventuelles questions après chacune des pages et d'alimenter ainsi une discussion qui enrichira progressivement ce matériel. Être membre vous donnera aussi accès à un vaste corpus de littérature téléchargeable gratuitement. Pour toute question vous pouvez aussi vous adresser directement à moi en m'envoyant un mail à l'adresse phve@....
Au moment de publier ce bréviaire sur le site ACBS, je suis péniblement conscient de ses imperfections. J'espère pouvoir à l'avenir le compléter et l'améliorer et je remercie d'avance tous ceux qui m'aideront à le faire par leurs questions et leurs réactions.
Bienvenue dans notre groupe, et merci d'avoir osé écrire le premier message.
On appelle «merchandising» je crois l'étude des techniques de présentation de la marchandise susceptibles de favoriser le comportement d'achat des clients. Un des principes du merchandising, c'est que quand on installe une pile de marchandise dans un supermarché, il faut veiller à ne pas la laisser complète et intacte. On la présentera entamée, avec une brèche, pour éviter que les clients n'osent pas s'y servir de crainte d'en déflorer la belle intégrité.
Je crois que nous étions tous paralysés par l'angoisse de la page blanche, terrorisés par l'idée d'écrire un premier message qui ne serait pas une extraordinaire démonstration de virtuosité dans le maniement des concepts ACT. Enfin, je dis tous... Je ne puis parler que pour moi-même.
Je travaille en ce moment à un ensemble de petits textes en français qui devraient constituer l'ossature d'une section francophone sur le site ACBS. J'ai prévu une douzaine de pages web qui seront liées entre elles par des hyperliens. Je me propose de soumettre au groupe, dans les heures et les jours qui viennent, les pages au fur et à mesure de leur achèvement, en attendant volontiers vos réactions et commentaires.
J'espère que tu est bien rentrée dans le Mississippi depuis la magnifique conférence de Londres et que la participation à notre groupe te sera utile pour perfectionner ton français. Encore merci d'avoir brisé la glace !
Cordialement
Philippe
Docteur Philippe Vuille
Psychiatrie et psychothérapie FMH
Moulins 51
Case postale
2004 Neuchâtel
tel +41 32 724 77 79
fax +41 32 846 17 30
Le 11 août 06 à 13:36, Emily Sandoz a écrit :
J'ai joint le groupe pour m'entraîner le français, particulèrement comme il appartient d'ACT. Je n'attendais pas d'afficher le premier message!
J'ai joint le groupe pour m'entraîner le français, particulèrement comme il
appartient d'ACT.
Je n'attendais pas d'afficher le premier message!
Emily Sandoz
University of Mississippi