Merci pour cet article effectivement très intéressant mais il y a une
chose qui me "turlupine"..
Quand Hank écrit que "Il faut que je me fasse un shoot" devrait être
perçu comme une pensée afin de pouvoir faire le choix
entre "l'acheter" ou pas, je me demande comment il est raisonnable de
penser qu'il est possible d'y arriver alors que l'émotion peut-être
très intense (lorsque nos émotions sont de faible intensité, ce n'est
pas trop difficile d'après mon expérience personnelle). En effet,
schématiquement, l'émotion activée par cette pensée "il faut.."
accroît la croyance en cette même pensée. Par conséquent, comment
trouver "l'énergie" nécessaire pour faire ce qui devrait être fait à
ce moment précis..surfer ou se décentrer ? C'est comme vouloir sortir
d'une crevasse alors qu'on peut regarder le ciel (la sortie) sans
pouvoir ou avoir la force d'y accéder !
Autrement dit, comment peut-on se dégager de l'emprise de nos
croyances et de nos émotions alors qu'on est en plein dedans ? Le
fait de savoir observer nos pensées dans ces moments là me direz-
vous, mais comment y arriver pratiquement ? Ce qu'il se passerait en
réalité serait de l'ordre de : " Je sais que je devrais considérer
mes pensées comme des pensées et décider de les acheter ou pas dans
mon intérêt, mais là je suis trop énervé ou triste pour pouvoir le
faire et en plus j'en ai pas envie..).
Amicalement
Rafaël Vignando
--- In reseaufrancophoneact@yahoogroups.com, Philippe Vuille
<phve@...> wrote:
>
> Hank a écrit ce petit bijou d'article et ça fait si longtemps
que
> j'avais envie de le traduire... Le voici donc. Si vous n'avez pas
> envie de le lire à l'écran, imprimez le fichier pdf annexé.
>
> Joyeuses Pâques
>
> Philippe
>
> Être où on est et faire ce qui est important
>
> Hank Robb, Ph. D., ABPP
>
> C'est à dessein que je n'ai pas parlé de «méditation» dans
le
> titre de cet article car je trouve que le terme est chargé de
> significations multiples et parfois contradictoires. Il peut
désigner
> une pratique aboutissant à un état de relaxation par opposition
Ã
> un état de stress. La relaxation, c'est bien mais ce n'est pas de
ça
> que j'ai envie de vous parler. Il existe des tas de bonnes
recettes
> pour y arriver. Vous pouvez par exemple vous concentrer sur votre
> respiration et remarquer que vous n'avez rien besoin de faire pour
> qu'elle continue d'elle-même. Se concentrer sur la succession des
> inspirations et des expirations, encore et encore, et y revenir Ã
> chaque fois que votre esprit s'est mis à vagabonder est un bon
moyen
> d'obtenir un état de relaxation. Je connais des gens qui
l'utilisent
> pour s'endormir. Si vous êtes fatigué et que vous vous détendez,
il
> y a bien des chances que vous vous endormiez.
>
> Le problème quand l'esprit vagabonde, c'est qu'on ne se trouve
plus,
> psychologiquement, là où on est physiquement. Ce n'est pas si
grave
> tant qu'on n'a rien d'important à faire. Mais quand c'est le cas,
ça
> devient un problème puisqu'il n'y a qu'un seul endroit et un seul
> moment où on puisse FAIRE quoi que ce soit (que ce soit important
ou
> non) : Ici et maintenant.
>
> Le but de cet article est donc de nous aider à habiter le moment
> présent, l'ici et maintenant, autrement dit à être
> psychologiquement là où nous nous trouvons physiquement.
Pourquoi
> donc ? Afin de mieux pouvoir faire ce à quoi nous choisissons de
> conférer de l'importance dans notre vie. C'est dans ce sens-lÃ
que
> je parlerai de «pleine conscience».
>
> Le problème, ça n'est pas tant que l'esprit vagabonde, mais bien
> plutôt que nous partons vagabonder avec lui. D'une certaine
manière,
> chacun d'entre nous «est» son corps. Dans un autre sens,
> psychologiquement, nous «avons» un corps.
>
> «Ça c'est MES mains, MES pieds et MA bouche.»
>
> De ce point de vue psychologique, votre corps est quelque chose
que
> vous «possédez» plutôt que quelque chose que vous «êtes».
On
> peut en dire autant de vos pensées (j'entends par là une sorte
de
> «programme de radio» dans votre tête), des images mentales et
des
> sensations physiques (votre coeur qui bat plus ou moins vite, vos
> mains qui deviennent chaudes ou froides, un sentiment de tension
ou
> de détente dans le ventre) que vous pouvez avoir.
>
> Nous pouvons par moments contrôler nos pensées, nos images et
nos
> sensations. Mais c'est souvent impossible. Une pensée comme «Ça
> ferait du bien de boire un verre», la sensation physique du
manque
> d'héroïne ou une image de machine à sous nous «viennent» sans
que
> nous leur ayons rien demandé, que nous les aimions ou pas. Si je
vous
> demande de ne pas penser à un ours blanc, je parie que vous venez
de
> le faire. Vous n'avez pas fait exprès. C'est juste «venu».
>
> Nous ne pouvons pas empêcher nos pensées, nos images et nos
> sensations de «venir», mais nous ne sommes pas obligés d'y
> «croire» quand elles arrivent. Çe n'est pas la même chose
d'avoir
> la pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot» ou de croire la
> pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot». Il y a une grande
> différence entre le fait de surfer sur un besoin et le fait de se
> débattre en plein milieu. L'évitement n'est pas la meilleure
> méthode pour ne pas être contrôlé par des besoins, des pensées
ou
> des images.
>
> La chose la plus utile pour vous aider à choisir si vous voulez
> «acheter» une pensée, une image ou une sensation c'est de
commencer
> par remarquer que vous l'avez. «Hé, c'est une PENSÉE. Hé,
c'est
> une IMAGE. Hé, c'est une SENSATION.» Le «VOUS psychologique»
qui
> fait les choix se trouvera en meilleure position pour décider
s'il
> veut prendre une pensée, une image ou une sensation «au
sérieux»
> et VOUS pourrez faire ce choix en pleine conscience si VOUS
commencez
> par reconnaître vos pensées, vos images et vos sensations pour
ce
> qu'elles sont, c'est-Ã -dire rien d'autre qu'un paquet de VOS
> pensées, de VOS images et de VOS sensations. Elles ne sont pas
VOUS.
> VOUS êtes la personne qui les avez.
>
> Il vaut la peine de remarquer un certain nombre de
caractéristiques
> du «VOUS psychologique» dont nous venons de parler. D'abord, ce
VOUS
> psychologique était là depuis aussi loin que vous puissiez vous
> souvenir. Quand vous aviez huit ou dix ans, votre corps était
> complètement différent de ce qu'il est aujourd'hui mais c'est
bien
> le même VOUS qui est ici maintenant qui était là -bas à ce
moment-
> là . Ensuite, ce VOUS psychologique est un peu comme l'oeil d'un
> cyclone. Les pensées, les images et les sensations physiques vont
et
> viennent et tourbillonnent mais ce VOUS psychologique ne change
pas,
> comme un terrain de jeu reste le même après tant de parties si
> différentes les unes des autres ou comme une cuisine demeure
immuable
> quand bien même elle a servi de cadre à la préparation de tant
de
> repas différents. Une telle expérience de stabilité peut être
> agréable surtout dans les périodes de bouleversement
existentiel.
> C'est dans ce VOUS psychologique que vous la trouverez.
>
> La troisième et peut-être la plus importante de ces
> caractéristiques, c'est que quand vous êtes en contact avec ce
VOUS
> psychologique, il est assez clair que même si VOS pensées, VOS
> images et VOS sensations peuvent paraître totalement hors de
> contrôle, c'est VOUS qui contrôlez VOS mains, VOS bras, VOS pieds
et
> VOTRE bouche. Quelle que soit l'intensité de la pensée «IL FAUT
que
> je boive un verre», VOUS pouvez choisir de faire avec vos mains,
vos
> bras, vos pieds et votre bouche autre chose que d'aller boire un
> coup. Quelle que soit la vivacité de l'image des machines à sous
> qu'abrite l'immeuble devant lequel VOUS passez en voiture, VOUS
> pouvez garder les mains sur le volant et continuer à conduire
pour
> passer votre chemin.
>
> Le genre de pleine conscience dont je parle comprend donc le fait
> d'être présent avec VOS pensées, VOS images et VOS sensations
tout
> en reconnaissant qu'elles SONT un paquet de pensées, d'images et
de
> sensations et en reconnaissant aussi que c'est VOUS qui exercez le
> contrôle sur vos mains, vos bras, vos pieds et votre bouche. Cela
> inclut aussi la pleine conscience de la direction que vous prenez
> avec vos mains, vos bras, vos pieds et votre bouche. «Est-ce
qu'ici
> et maintenant, en ce lieu et dans ce moment précis, je suis en
train
> de mouvoir mes mains, mes bras, mes pieds et ma bouche dans une
> direction qui est vraiment importante pour moi ?»
>
> «Si je choisis d'être le meilleur parent que je puisse être, est-
ce
> que les mouvements que je fais ici et maintenant vont dans une
> direction qui m'en rapproche ?»
>
> «Si je choisis d'être le meilleur conjoint que je puisse être,
est-
> ce que les mouvements que je fais ici et maintenant vont dans une
> direction qui m'en rapproche ?»
>
> «Quelle que soit la direction que je choisis, est-ce que les
> mouvements que je suis en train de faire, en ce lieu et dans ce
> moment précis, me font aller dans cette direction ? Si ce n'est
pas
> le cas, je vais avec mon prochain mouvement aligner mes actions
sur
> la direction que je choisis de rendre importante dans ma vie.»
>
> Comment fait-on pour arriver à «être où on est et faire ce qui
est
> important» ? Comme toute autre chose, en pratiquant ! Nos
pensées,
> nos images et nos sensations nous invitent sans cesse à quitter
le
> moment présent pour partir en voyage, et «Dieu sait où».
Pourtant,
> quand nous nous rendons compte qu'elles ne sont que des pensées,
des
> images et des sensations, nous pouvons les laisser partir sans
nous.
> Nous nous concentrons sur l'accomplissement, en ce moment précis,
de
> l'action que ce moment réclame pour que nous puissions avancer
dans
> la direction que nous choisissons de rendre importante dans notre
> vie. Il nous faut pratiquer, encore et encore, et nous ferons des
> progrès dans la pleine conscience (1) que nos pensées, nos images
et
> nos sensations ne sont rien d'autre que des pensées, des images
et
> des sensations, (2) que c'est nous qui contrôlons ce que font nos
> mains, nos bras, nos pieds et notre bouche et (3) du fait de
choisir
> la direction au service de laquelle nous décidons d'exercer ce
> contrôle.
> 
>