Merci beaucoup Philippe pour ce texte clair et concis
qui résume si bien tout ce corpus.
J'ai la pensée que finalement tout cela parrait si
simple...
Je me dis aussi que cela augmentera la difficulté à
lutter contre une certaine conception dualiste, mais
ce n'est certainement pas le plus important!
Merci encore pour cette traduction et bon week-end à
tous.
JLM
--- Philippe Vuille <phve@net2000.ch > a écrit :
> Hank a écrit ce petit bijou d'article et ça fait
> si longtemps que
> j'avais envie de le traduire... Le voici donc. Si
> vous n'avez pas
> envie de le lire à l'écran, imprimez le fichier
> pdf annexé.
>
> Joyeuses Pâques
>
> Philippe
>
> Être où on est et faire ce qui est important
>
> Hank Robb, Ph. D., ABPP
>
> C'est à dessein que je n'ai pas parlé de
> «méditation» dans le
> titre de cet article car je trouve que le terme est
> chargé de
> significations multiples et parfois contradictoires.
> Il peut désigner
> une pratique aboutissant à un état de relaxation
> par opposition Ã
> un état de stress. La relaxation, c'est bien mais
> ce n'est pas de ça
> que j'ai envie de vous parler. Il existe des tas de
> bonnes recettes
> pour y arriver. Vous pouvez par exemple vous
> concentrer sur votre
> respiration et remarquer que vous n'avez rien besoin
> de faire pour
> qu'elle continue d'elle-même. Se concentrer sur la
> succession des
> inspirations et des expirations, encore et encore,
> et y revenir Ã
> chaque fois que votre esprit s'est mis à vagabonder
> est un bon moyen
> d'obtenir un état de relaxation. Je connais des
> gens qui l'utilisent
> pour s'endormir. Si vous êtes fatigué et que vous
> vous détendez, il
> y a bien des chances que vous vous endormiez.
>
> Le problème quand l'esprit vagabonde, c'est qu'on
> ne se trouve plus,
> psychologiquement, là où on est physiquement. Ce
> n'est pas si grave
> tant qu'on n'a rien d'important à faire. Mais quand
> c'est le cas, ça
> devient un problème puisqu'il n'y a qu'un seul
> endroit et un seul
> moment où on puisse FAIRE quoi que ce soit (que ce
> soit important ou
> non) : Ici et maintenant.
>
> Le but de cet article est donc de nous aider Ã
> habiter le moment
> présent, l'ici et maintenant, autrement dit Ã
> être
> psychologiquement là où nous nous trouvons
> physiquement. Pourquoi
> donc ? Afin de mieux pouvoir faire ce à quoi nous
> choisissons de
> conférer de l'importance dans notre vie. C'est dans
> ce sens-là que
> je parlerai de «pleine conscience».
>
> Le problème, ça n'est pas tant que l'esprit
> vagabonde, mais bien
> plutôt que nous partons vagabonder avec lui. D'une
> certaine manière,
> chacun d'entre nous «est» son corps. Dans un autre
> sens,
> psychologiquement, nous «avons» un corps.
>
> «Ça c'est MES mains, MES pieds et MA
bouche.»
>
> De ce point de vue psychologique, votre corps est
> quelque chose que
> vous «possédez» plutôt que quelque chose que
> vous «êtes». On
> peut en dire autant de vos pensées (j'entends par
> là une sorte de
> «programme de radio» dans votre tête), des images
> mentales et des
> sensations physiques (votre coeur qui bat plus ou
> moins vite, vos
> mains qui deviennent chaudes ou froides, un
> sentiment de tension ou
> de détente dans le ventre) que vous pouvez avoir.
>
> Nous pouvons par moments contrôler nos pensées,
> nos images et nos
> sensations. Mais c'est souvent impossible. Une
> pensée comme «Ça
> ferait du bien de boire un verre», la sensation
> physique du manque
> d'héroïne ou une image de machine à sous nous
> «viennent» sans que
> nous leur ayons rien demandé, que nous les aimions
> ou pas. Si je vous
> demande de ne pas penser à un ours blanc, je parie
> que vous venez de
> le faire. Vous n'avez pas fait exprès. C'est juste
> «venu».
>
> Nous ne pouvons pas empêcher nos pensées, nos
> images et nos
> sensations de «venir», mais nous ne sommes pas
> obligés d'y
> «croire» quand elles arrivent. Çe n'est pas
la
> même chose d'avoir
> la pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot» ou
> de croire la
> pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot». Il y a
> une grande
> différence entre le fait de surfer sur un besoin et
> le fait de se
> débattre en plein milieu. L'évitement n'est pas la
> meilleure
> méthode pour ne pas être contrôlé par des
> besoins, des pensées ou
> des images.
>
> La chose la plus utile pour vous aider à choisir si
> vous voulez
> «acheter» une pensée, une image ou une sensation
> c'est de commencer
> par remarquer que vous l'avez. «Hé, c'est une
> PENSÉE. Hé, c'est
> une IMAGE. Hé, c'est une SENSATION.» Le «VOUS
> psychologique» qui
> fait les choix se trouvera en meilleure position
> pour décider s'il
> veut prendre une pensée, une image ou une sensation
> «au sérieux»
> et VOUS pourrez faire ce choix en pleine conscience
> si VOUS commencez
> par reconnaître vos pensées, vos images et vos
> sensations pour ce
> qu'elles sont, c'est-Ã -dire rien d'autre qu'un
> paquet de VOS
> pensées, de VOS images et de VOS sensations. Elles
> ne sont pas VOUS.
> VOUS êtes la personne qui les avez.
>
> Il vaut la peine de remarquer un certain nombre de
> caractéristiques
> du «VOUS psychologique» dont nous venons de
> parler. D'abord, ce VOUS
> psychologique était là depuis aussi loin que vous
> puissiez vous
> souvenir. Quand vous aviez huit ou dix ans, votre
> corps était
> complètement différent de ce qu'il est aujourd'hui
> mais c'est bien
> le même VOUS qui est ici maintenant qui était
> là -bas à ce moment-
> là . Ensuite, ce VOUS psychologique est un peu comme
> l'oeil d'un
> cyclone. Les pensées, les images et les sensations
> physiques vont et
> viennent et tourbillonnent mais ce VOUS
> psychologique ne change pas,
> comme un terrain de jeu reste le même après tant
> de parties si
> différentes les unes des autres ou comme une
> cuisine demeure immuable
> quand bien même elle a servi de cadre à la
> préparation de tant de
> repas différents. Une telle expérience de
> stabilité peut être
> agréable surtout dans les périodes de
> bouleversement existentiel.
> C'est dans ce VOUS psychologique que vous la
> trouverez.
>
> La troisième et peut-être la plus importante de
> ces
> caractéristiques, c'est que quand vous êtes en
> contact avec ce VOUS
> psychologique, il est assez clair que même si VOS
> pensées, VOS
> images et VOS sensations peuvent paraître
> totalement hors de
> contrôle, c'est VOUS qui contrôlez VOS mains, VOS
> bras, VOS pieds et
> VOTRE bouche. Quelle que soit l'intensité de la
> pensée «IL FAUT que
> je boive un verre», VOUS pouvez choisir de faire
> avec vos mains, vos
> bras, vos pieds et votre bouche autre chose que
> d'aller boire un
> coup. Quelle que soit la vivacité de l'image des
> machines à sous
> qu'abrite l'immeuble devant lequel VOUS passez en
> voiture, VOUS
> pouvez garder les mains sur le volant et continuer
> Ã conduire pour
> passer votre chemin.
>
>
=== message truncated ===
Jean-Louis MONESTES
Service Universitaire de Psychiatrie
Neurosciences Fonctionnelles & Pathologies
CNRS UMR 8160
Centre Hospitalier Ph. Pinel
Route de Paris -DURY
80044 AMIENS CEDEX 1
FRANCE
_____________________ _________ _________ _________ _________ _
Découvrez une nouvelle façon d'obtenir des réponses à toutes vos questions !
Profitez des connaissances, des opinions et des expériences des internautes sur Yahoo! Questions/Réponses
http://fr.answers.yahoo.com