Search the web
Sign In
New User? Sign Up
reseaufrancophoneact · Réseau francophone d'ACT/French ACT mail
? Already a member? Sign in to Yahoo!

Yahoo! Groups Tips

Did you know...
Want your group to be featured on the Yahoo! Groups website? Add a group photo to Flickr.

Best of Y! Groups

   Check them out and nominate your group.
Having problems with message search? Fill out this form to ensure your group is one of the first to be migrated to the new message search system.

Messages

  Messages Help
Advanced
La pleine conscience selon Hank Robb   Message List  
Reply | Forward Message #95 of 293 |
Hank a écrit ce petit bijou d'article et ça fait si longtemps que j'avais envie de le traduire... Le voici donc. Si vous n'avez pas envie de le lire à l'écran, imprimez le fichier pdf annexé.

Joyeuses Pâques

Philippe

Être où on est et faire ce qui est important

Hank Robb, Ph. D., ABPP

C'est à dessein que je n'ai pas parlé de  «méditation» dans le titre de cet article car je trouve que le terme est chargé de significations multiples et parfois contradictoires. Il peut désigner une pratique aboutissant à un état de relaxation par opposition à un état de stress. La relaxation, c'est bien mais ce n'est pas de ça que j'ai envie de vous parler. Il existe des tas de bonnes recettes pour y arriver. Vous pouvez par exemple vous concentrer sur votre respiration et remarquer que vous n'avez rien besoin de faire pour qu'elle continue d'elle-même. Se concentrer sur la succession des inspirations et des expirations, encore et encore, et y revenir à chaque fois que votre esprit s'est mis à vagabonder est un bon moyen d'obtenir un état de relaxation. Je connais des gens qui l'utilisent pour s'endormir. Si vous êtes fatigué et que vous vous détendez, il y a bien des chances que vous vous endormiez.

Le problème quand l'esprit vagabonde, c'est qu'on ne se trouve plus, psychologiquement, là où on est physiquement. Ce n'est pas si grave tant qu'on n'a rien d'important à faire. Mais quand c'est le cas, ça devient un problème puisqu'il n'y a qu'un seul endroit et un seul moment où on puisse FAIRE quoi que ce soit (que ce soit important ou non) : Ici et maintenant.

Le but de cet article est donc de nous aider à habiter le moment présent, l'ici et maintenant, autrement dit à être psychologiquement là où nous nous trouvons physiquement. Pourquoi donc ? Afin de mieux pouvoir faire ce à quoi nous choisissons de conférer de l'importance dans notre vie. C'est dans ce sens-là que je parlerai de «pleine conscience».

Le problème, ça n'est pas tant que l'esprit vagabonde, mais bien plutôt que nous partons vagabonder avec lui. D'une certaine manière, chacun d'entre nous «est» son corps. Dans un autre sens, psychologiquement, nous «avons» un corps.

«Ça c'est MES mains, MES pieds et MA bouche.»

De ce point de vue psychologique, votre corps est quelque chose que vous «possédez» plutôt que quelque chose que vous «êtes». On peut en dire autant de vos pensées (j'entends par là une sorte de «programme de radio» dans votre tête), des images mentales et des sensations physiques (votre coeur qui bat plus ou moins vite, vos mains qui deviennent chaudes ou froides, un sentiment de tension ou de détente dans le ventre) que vous pouvez avoir.

Nous pouvons par moments contrôler nos pensées, nos images et nos sensations. Mais c'est souvent impossible. Une pensée comme «Ça ferait du bien de boire un verre», la sensation physique du manque d'héroïne ou une image de machine à sous nous «viennent» sans que nous leur ayons rien demandé, que nous les aimions ou pas. Si je vous demande de ne pas penser à un ours blanc, je parie que vous venez de le faire. Vous n'avez pas fait exprès. C'est juste «venu».

Nous ne pouvons pas empêcher nos pensées, nos images et nos sensations de «venir», mais nous ne sommes pas obligés d'y «croire» quand elles arrivent. Çe n'est pas la même chose d'avoir la pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot» ou de croire la pensée «IL FAUT que je me fasse un shoot». Il y a une grande différence entre le fait de surfer sur un besoin et le fait de se débattre en plein milieu. L'évitement n'est pas la meilleure méthode pour ne pas être contrôlé par des besoins, des pensées ou des images.

La chose la plus utile pour vous aider à choisir si vous voulez «acheter» une pensée, une image ou une sensation c'est de commencer par remarquer que vous l'avez. «Hé, c'est une PENSÉE. Hé, c'est une IMAGE. Hé, c'est une SENSATION.» Le «VOUS psychologique» qui fait les choix se trouvera en meilleure position pour décider s'il veut prendre une pensée, une image ou une sensation «au sérieux» et VOUS pourrez faire ce choix en pleine conscience si VOUS commencez par reconnaître vos pensées, vos images et vos sensations pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire rien d'autre qu'un paquet de VOS pensées, de VOS images et de VOS sensations. Elles ne sont pas VOUS. VOUS êtes la personne qui les avez.

Il vaut la peine de remarquer un certain nombre de caractéristiques du «VOUS psychologique» dont nous venons de parler. D'abord, ce VOUS psychologique était là depuis aussi loin que vous puissiez vous souvenir. Quand vous aviez huit ou dix ans, votre corps était complètement différent de ce qu'il est aujourd'hui mais c'est bien le même VOUS qui est ici maintenant qui était là-bas à ce moment-là. Ensuite, ce VOUS psychologique est un peu comme l'oeil d'un cyclone. Les pensées, les images et les sensations physiques vont et viennent et tourbillonnent mais ce VOUS psychologique ne change pas, comme un terrain de jeu reste le même après tant de parties si différentes les unes des autres ou comme une cuisine demeure immuable quand bien même elle a servi de cadre à la préparation de tant de repas différents. Une telle expérience de stabilité peut être agréable surtout dans les périodes de bouleversement existentiel. C'est dans ce VOUS psychologique que vous la trouverez.

La troisième et peut-être la plus importante de ces caractéristiques, c'est que quand vous êtes en contact avec ce VOUS psychologique, il est assez clair que même si VOS pensées, VOS images et VOS sensations peuvent paraître totalement hors de contrôle, c'est VOUS qui contrôlez VOS mains, VOS bras, VOS pieds et VOTRE bouche. Quelle que soit l'intensité de la pensée «IL FAUT que je boive un verre», VOUS pouvez choisir de faire avec vos mains, vos bras, vos pieds et votre bouche autre chose que d'aller boire un coup. Quelle que soit la vivacité de l'image des machines à sous qu'abrite l'immeuble devant lequel VOUS passez en voiture, VOUS pouvez garder les mains sur le volant et continuer à conduire pour passer votre chemin.

Le genre de pleine conscience dont je parle comprend donc le fait d'être présent avec VOS pensées, VOS images et VOS sensations tout en reconnaissant qu'elles SONT un paquet de pensées, d'images et de sensations et en reconnaissant aussi que c'est VOUS qui exercez le contrôle sur vos mains, vos bras, vos pieds et votre bouche. Cela inclut aussi la pleine conscience de la direction que vous prenez avec vos mains, vos bras, vos pieds et votre bouche. «Est-ce qu'ici et maintenant, en ce lieu et dans ce moment précis, je suis en train de mouvoir mes mains, mes bras, mes pieds et ma bouche dans une direction qui est vraiment importante pour moi ?»

«Si je choisis d'être le meilleur parent que je puisse être, est-ce que les mouvements que je fais ici et maintenant vont dans une direction qui m'en rapproche ?»

«Si je choisis d'être le meilleur conjoint que je puisse être, est-ce que les mouvements que je fais ici et maintenant vont dans une direction qui m'en rapproche ?»

«Quelle que soit la direction que je choisis, est-ce que les mouvements que je suis en train de faire, en ce lieu et dans ce moment précis, me font aller dans cette direction ? Si ce n'est pas le cas, je vais avec mon prochain mouvement aligner mes actions sur la direction que je choisis de rendre importante dans ma vie.»

Comment fait-on pour arriver à «être où on est et faire ce qui est important» ? Comme toute autre chose, en pratiquant ! Nos pensées, nos images et nos sensations nous invitent sans cesse à quitter le moment présent pour partir en voyage, et «Dieu sait où». Pourtant, quand nous nous rendons compte qu'elles ne sont que des pensées, des images et des sensations, nous pouvons les laisser partir sans nous. Nous nous concentrons sur l'accomplissement, en ce moment précis, de l'action que ce moment réclame pour que nous puissions avancer dans la direction que nous choisissons de rendre importante dans notre vie. Il nous faut pratiquer, encore et encore, et nous ferons des progrès dans la pleine conscience (1) que nos pensées, nos images et nos sensations ne sont rien d'autre que des pensées, des images et des sensations, (2) que c'est nous qui contrôlons ce que font nos mains, nos bras, nos pieds et notre bouche et (3) du fait de choisir la direction au service de laquelle nous décidons d'exercer ce contrôle.


Fri Apr 6, 2007 8:15 pm

philippevuille
Offline Offline
Send Email Send Email

Attachment
PleineConscienceHankRobb.pdf
Type:
application/pdf


Forward
Message #95 of 293 |
Expand Messages Author Sort by Date

Hank a écrit ce petit bijou d'article et ça fait si longtemps que j'avais envie de le traduire... Le voici donc. Si vous n'avez pas envie de le lire à...
Philippe Vuille
philippevuille
Offline Send Email
Apr 6, 2007
9:18 pm

Merci beaucoup Philippe pour ce texte clair et concis qui résume si bien tout ce corpus. J'ai la pensée que finalement tout cela parrait si simple... Je me...
MONESTES JL
jlmonestes
Offline Send Email
Apr 7, 2007
9:11 am

Cher Jean-Louis, Tu as mis le doigt sur un problème important. J'aime beaucoup le style de Hank et la manière dont il sait expliquer des processus complexes...
Philippe Vuille
philippevuille
Offline Send Email
Apr 7, 2007
8:54 pm

Evidemment, vu comme ca, c'est un peu moins dualiste! Je n'avais pas en fait douté de cet aspect en lisant Hayes et je pense que d'aucuns lui ont déjà...
MONESTES JL
jlmonestes
Offline Send Email
Apr 10, 2007
1:05 pm

Ou bien on écrit la théorie de façon «propre» et ça demande des volumes et des volumes. Au lieu des quelques pages du texte de Hank, il faudrait lire...
Philippe Vuille
philippevuille
Offline Send Email
Apr 10, 2007
9:00 pm

Merci pour vos réponses et Philippe, quel talent ! j'ai bien rit :-) Rafaël ... Hank, ... le ... ça ... une ... fait ... n'existe ... ça ... nous ... ...
rvignando
Offline Send Email
Apr 11, 2007
7:56 am

J'en reviens à mon idée: à moins de lire Freud dans le texte en allemand ou Skinner et Hayes dans le texte en américain peut-on avoir acces aux finesse du...
françois allard
allardfranois
Offline Send Email
Apr 11, 2007
8:13 pm

Cher Philippe, je joins un article en passant qui pourrait être intéressant: Metacognitive therapy for generalized anxiety disorder : An open trial de...
MONESTES JL
jlmonestes
Offline Send Email
Apr 25, 2007
2:58 pm

Merci pour cet article effectivement très intéressant mais il y a une chose qui me "turlupine".. Quand Hank écrit que "Il faut que je me fasse un shoot"...
rvignando
Offline Send Email
Apr 10, 2007
11:01 am

Bonjour à tous, cette question de se décentrer dans des moments d'émotions intenses me parait également fondamentale. Nous avions abordé cette discussion...
MONESTES JL
jlmonestes
Offline Send Email
Apr 10, 2007
12:41 pm

Attention ! Long et dithyrambique ! Eh bien oui, comme Jean-Louis l'a rappelé, il faut s'entraîner... C'est d'ailleurs aussi ce que dit Hank : Il nous faut...
Philippe Vuille
philippevuille
Offline Send Email
Apr 10, 2007
8:33 pm

Bonjour à tous, Je ne crois pas que la position de l'observateur soit de nous éviter de ressentir l'intensité de l'émotion, de l'atténuer ou de la ...
cristelneveu
Offline Send Email
Apr 26, 2007
8:38 pm

petit texte utile mais si j'en crois ce que j'ai feuilleté de Hayes et autres c'est légerement plus complexe ALLARD FRANCOIS ... Eh bien oui, comme...
françois allard
allardfranois
Offline Send Email
Apr 11, 2007
8:23 pm
Advanced

Copyright © 2009 Yahoo! Inc. All rights reserved.
Privacy Policy - Terms of Service - Guidelines - Help