quelques reflexions additionels au pensees de phillipe/kelly! j'ecris un peut dans le vide car je ne sait pas si les gens sur la liste on lu les livres (en anglais) ou votre familiarite avec tout ca......et experiences avec ACT
...mais je me lance et j'attends de reponses/questions si je parle au-desous de mon chapeau...
je pense qu'avant se lancer la dedans il faut se demander si la fonction de ces reponses sert d'eviter la question et ce que ca provoque ou si s'est une question d'ambivalence - voir les toxicomannes.... ambivalence: voir Miller & Rollnick - motivational interviewing & les etapes de changement.... est ce que on sait de quoi il s'ajit?
si s'est une question de s'escaper (escape/avoidance); il ne faut sourtout pas lacher la balle en face de ce genre de reponse.... on revient a la question principale en ACT: "a quoi sert cette maniere de repondre? et l'habitude de changer de sujet, de ne pas repondre a la question, ou insister qu'on ne sait pas".
j'ajouterrais aussi qu'avec les gens qui ont des problemes a gerer leurs emotions, les etapes sont plus petites..... j'ai remarquee que certaines de mes patientes on du mal a tolerer l'emotion intense emises par ces questions donc on procede plus doucement, toujours avec leur permission..... (voir plus bas pour ce que philippe descrit a ce sujet).
Je m'imagine qu'approcher ce genre de discussion ramene beaucoup de malheur et immediatement l'envie de s'echaper ou controller/changer son experience etc.... et on a de la place pour tout ca.... voir hexaflex - de la notre travail.... qui, encore, demande beaucoup de perspective (diffusion) du cote clinicien et de persistence.....et on continue avec la question magique.... quelle genre de mere voudrais tu etre si tu pourrais, sans obstacle? laissez vous immaginer....
en ce qui concerne les gens qui ont des valeurs "superficielles" la meme question se pose..... a quoi ca cert tout cet argent? en fonction de quoi? et de la on commence a deballer ce qu'il y a en dessou....
ensuite, il ne faut toujours pas oublier le pratique.... l'autre cote du hexaflex qui demande un engagement concret - ce que les gens on fait vont faire pour mettre pieds dans la direction choisie - qui se mesure toujours par notre fammeux critere: facilite de travail? (est ce que c'a marche; ca l'a ramenee plus pres de ce qu'on estime? ou plus loin)
desolee pour le manque de vocab. je m'habitue avec le temps. je reste curieuse de savoir ce que vous pensees....
Sandra
On Jan 11, 2007, at 11:25 AM, Philippe Vuille wrote:
Une partie des questions posées par Rafaël concerne le travail sur les valeurs avec les personnes qui n'ont apparemment pas de valeurs ou seulement comme valeur celle de l'argent.Vous trouverez je l'espère des éléments de réponse dans la contribution de Kelly Wilson et dans celle de Laurie Greco que je traduis dans un courriel séparé. Elles concernent pour la première le travail avec les toxicomanes envoyés en thérapie sous la contrainte et pour la seconde le travail avec des adolescents révoltés, deux populations sans doute plus proches de celles à qui vous êtes confronté que les patients souffrant de troubles anxieux chez qui le travail sur les valeurs est évidemment beaucoup plus facile. Il suffit de demander à une personne agoraphobe qu'est-ce qui changerait dans sa vie si par miracle son problème anxieux disparaissait pour voir s'ouvrir devant soi tout un catalogue d'aspirations.Le problème est beaucoup plus complexe chez les populations réputées difficiles à soigner : Patients douloureux chroniques, «troubles de la personnalité» (nous préférons parler, dans ACT, de «patients à problèmes multiples»), évolutions toxicomaniaques. Plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Après des années passées à essayer de ne plus souffrir ou à la recherche de l'extase que donnent les toxiques, il peut être très difficile et surtout très douloureux pour une personne d'entrer en contact avec ce qui compte vraiment pour elle, avec les valeurs qui lui sont les plus chères. Les personnes qui ont connu des expériences précoces de négligence et/ou d'abus (on retrouve ici probablement un grand nombre de patients «à problèmes multiples» et sans doute aussi beaucoup de situations auxquelles vous êtes confronté) ont très tôt fait l'expérience que, quand elles exprimaient ouvertement ce qui comptait le plus pour elles, elles étaient régulièrement confrontées à beaucoup de souffrance et de déception.Je l'ai dit et redit : Valuer est un processus très intime. Si je vous dis ce qui compte vraiment le plus pour moi, je me mets en position de vulnérabilité devant vous puisqu'il vous sera facile alors d'avoir barre sur moi. Il faut donc procéder avec beaucoup de délicatesse et de respect lorsqu'on veut avancer dans ce domaine. Kelly donne à mon avis de bonnes pistes dans le document que j'ai traduit.Cela m'amène à un bref commentaire à propos de votre question de l'exposition sans «rematernage». Un exercice d'exposition est toujours défini de manière collaborative. Kelly en donne de bons exemples dans le chapitre sur les valeurs. C'est le fait que l'exposition se fait au service de valeurs chères au patient qui offre un contexte dans lequel l'exposition n'est pas traumatisante. Ce qui est traumatisant, ce sont les pensées et les émotions douloureuses contre lesquelles on se bat, dont on essaie de se débarasser. Celles que l'on accepte d'embrasser pour aller dans une direction chère à notre coeur restent douloureuses, mais ne sont pas traumatisantes. Dans le travail thérapeutique et en particulier dans le travail sur les valeurs, nous allons approcher des zones douloureuses puisque c'est en allant là où il y a de la vulnérabilité que nous pouvons trouver les valeurs avec lesquelles nous voulons travailler. Nous le faisons toujours avec beaucoup de précautions et en demandant explicitement, à chaque nouveau pas, au patient de nous donner la permission d'aller de l'avant. Nous appliquons ainsi un principe béhavioriste bien établi expérimentalement : les êtres humains – et en cela ils ne diffèrent pas des organismes non-verbaux – préfèrent les événements aversifs qu'ils peuvent contrôler à ceux qu'ils ne peuvent pas contrôler.CordialementPhilippeDocteur Philippe VuillePsychiatrie et psychothérapie FMHMoulins 51Case postale2004 Neuchâteltel +41 32 724 77 79fax +41 32 846 17 30