Salut vous tous
Je viens de finir un article court, introduisant ce que nous appelons « la gestion des modes mentaux », et j'ai pensé qu'une partie d'elle aborde des aspects du hexaflex d'ACT sous un angle une peu différent et qui donc pourrait vous intéresser.
Pour ceux qui s'y intéressent : nous avons ouvert un site Web dédié à un livre sur ce sujet, qui vient d'arriver aux rayons : www.lintelligencedustress.net
Dans le dégré où mon emploi de temps me le permet, je serais heureux de discuter des questions ou des remarques que vous pourriez avoir, sur cette liste ou par backchannel.
Bien à vous et à tous,
Maarten
Le stress, porte-voix d'une intelligence méconnue.
Les neurosciences décrivent deux grands modes mentaux, respectivement associés aux régions médianes et postérieures de notre cerveau, d'une part, antérieures, d'autre part. Le premier mode, dit automatique, est à la fois le siège de nos compétences apprises, nos émotions et… le cœur de notre conscience. Il est adapté et performant face aux situations simples ou habituelles. Il est subjectivement associé à un besoin de contrôle.
Le second mode, dit adaptatif, provient de notre néocortex préfrontal, lieu de notre intelligence supérieure et paradoxalement handicapé par un accès difficile à notre conscience. Ce second mode nous permet de gérer des situations complexes ou inconnues et d'anticiper les conséquences de nos choix. Il sous-tend nos attirances et capacités pour la nouveauté et la créativité.
Des travaux récents montrent qu'une partie médiane des lobes préfrontaux semblent déclencher un signal d'alerte lorsque notre mode automatique -et avec lui notre conscience- persévèrent en situation de non contrôle ou d'échec. Si nous comprenons mieux désormais son « message », le stress pourrait ainsi nous amener à identifier et résoudre « en temps réel » les incohérences dans lesquelles nos certitudes et autres automatismes culturels nous conduisent.
Les recherches menées à l'Institut de Médecine Environnementale sur ce sujet et d'autres travaux récents révèlent que, face à une situation non maîtrisée, le seul fait de faciliter une bascule vers le mode adaptatif préfrontal réduit instantanément le stress. Ceci même si une résolution concrète du problème considéré n'est pas encore découvert...[i]
[i] Voilà une différence essentielle avec la TCC classique. Au lieu d'identifier et changer le contenu des pensées associées aux stress, l'approche neuro-cognitive décrit des clés universelles pour changer d'état d'esprit. En identifiant et en changeant de « contenant cérébral », la personne s'ouvre aux solutions adaptatives, élaborées d'abord en dehors de notre conscience. L'effet « Euréka » des chercheurs, la muse des artistes, l'inspiration de nous tous, s'expliquent par ce phénomène, d'ores et déjà explicité.